Une proposition de loi a été adoptée le 18 mai 2026 par le Sénat, visant à restituer des ossements à la Guyane. Ces restes humains appartiennent à des Amérindiens transférés à Paris à la fin du XIXe siècle, où ils ont été exposés dans des "zoos humains".
L'histoire des Amérindiens de la région guyanaise, qui ont été exhibés comme des curiosités, est traumatisante. En 1892, 33 d'entre eux ont été amenés à Paris dans l'espoir d'une vie meilleure, mais tout ce qu'ils ont trouvé, c'est une vitrine de l'exotisme au Jardin d'Acclimatation.
Des conditions de vie inacceptables
Les visiteurs parisiens, convaincus de leur modernité, ont payé pour contempler ces êtres humains. Les conditions de vie étaient désastreuses, avec la mort de huit d'entre eux survenant dès l’hiver de 1892. Leurs dépouilles, d'abord enterrées, ont été exhumées pour rejoindre les collections du Muséum d'histoire naturelle, transformant des êtres en objets de curiosité.
Des organisations ont milité pour leur retour sur leur terre natale, non pas pour des monuments ou des compensations financières, mais simplement pour offrir des funérailles dignes aux descendants des peuples Kali'nas et Arawaks.
Une législation historique
Le processus de restitution nécessite une législation spécifique, étant donné que ces restes sont protégés par le principe d'inaliénabilité. La sénatrice Catherine Morin-Desailly a exprimé, devant une délégation guyanaise, que "nous parlons d'hommes et de femmes arrachés à leur terre, à leur peuple et à leur dignité". Le projet de loi a suscité une forte émotion et doit encore être voté par l'Assemblée nationale.
Après plus d'un siècle dans des boîtes, un retour des défunts sur leur terre d'origine pourrait enfin devenir une réalité, permettant aux familles de leur rendre hommage comme il se doit.







