Le rêve d’une autonomie pour la Corse prend forme. Le projet de réforme constitutionnelle concernant l’autonomie de l’île est désormais inscrit à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale, à partir du 16 juin, selon des sources parlementaires.
Initié en 2022 par Gérald Darmanin, alors ministre de l’Intérieur à la demande d’Emmanuel Macron, ce projet a pour but de répondre aux tensions exacerbées par la mort en prison du militant indépendantiste Yvan Colonna. Il vise à accorder à la Corse « une autonomie au sein de la République ».
Une autonomie encadrée pour répondre aux spécificités locales
La Collectivité de Corse pourrait être habilitée à adapter certaines lois et règlements pour mieux correspondre à ses spécificités, avec un encadrement légal. Ce projet avait été approuvé en Conseil des ministres en juillet 2025, mais son examen a été retardé en raison de débats budgétaires et des récentes élections municipales.
Bien qu’il aurait dû être examiné en premier lieu par le Sénat, les délais déjà chargés de cette assemblée ont poussé le Sénat à permettre une première discussion à l’Assemblée nationale. La commission des Lois devrait examiner le projet dès le 2 juin. Florent Boudié, président de la commission, sera le rapporteur du texte, après un récent déplacement en Corse pour recueillir l’avis des habitants.
Ce projet a suscité des espoirs parmi les partisans de l’autonomie. Comme l’a souligné un expert en politique insulaire, « cette réforme pourrait être un véritable tournant pour la Corse, en permettant une meilleure gestion des spécificités locales tout en restant dans le cadre de la République ».
Le climat politique et social en Corse reste tendu, et une telle réforme pourrait offrir des réponses aux demandes de la population. Les débats qui s’annoncent dans les prochaines semaines promettent d’être cruciaux pour le futur de l’île.







