«En raison des choix de l’État, l’apprentissage est menacé de mort», a déclaré Karine Desroses, vice-présidente de la Région responsable de la formation professionnelle. Ce lundi 8 juin, divers acteurs de l’apprentissage se sont rassemblés pour déposer une couronne mortuaire devant les locaux de Cap Métiers Nouvelle-Aquitaine, près de Bordeaux. Cette action vise à dénoncer le danger qui pèse sur la filière
«Les coupes dans le budget d’apprentissage sont catastrophiques», a ajouté Karine Desroses. Pour l’exercice actuel, la contribution de l’État passera de 134 millions à seulement 33 millions d’euros. Ce qui était une abstraction il y a encore quelques jours, s’est transformé en décision ferme. L’arrêté a été publié rapidement, et cela démontre le manque de responsabilité de l’État envers l’apprentissage, et envers les jeunes, a ajouté l’élue, aussi présidente de la chambre de métiers de Haute-Vienne.
Pour la Région Nouvelle-Aquitaine, la dotation pour l’apprentissage chutera de 40 millions à 5 millions d’euros. Avec la réforme de 2018 qui a recentralisé les compétences, les Régions sont devenues les principaux investisseurs dans les Centres de Formation des Apprentis (CFA). «Chaque euro investi dans l’apprentissage a été réinjecté pour soutenir le secteur», explique Karine Desroses. En effet, depuis le début de son mandat, la région a consenti 125 millions d’euros d'investissement et a soutenu 40 000 apprentis. «Nous étions dans une dynamique prometteuse, et maintenant tout est mis en péril à cause des politiques d'austérité. Qui va former nos futurs artisans?», questionne-t-elle avec une pointe de colère.
Des conséquences préoccupantes
Ce qu’on redoute, c’est que ces coupes massives entraînent la fermeture de plusieurs CFA, notamment en milieu rural. «Nous avons réussi à maintenir ce réseau grâce à nos soutiens, mais ce ne sera plus possible dans ces conditions», souligne Karine Desroses. L’importance de former des apprentis est cruciale : d’ici dix ans, la moitié des artisans seront à la retraite. «Si ces mesures se maintiennent, qui prendra leur relève?», s’indigne-t-elle. La lecture financière du gouvernement semble erronée selon l’élue.
Du côté des Régions, l’échec de la politique d’apprentissage, promue sous le mandat Macron, est de plus en plus clair. Bien que la loi Pénicaud de 2018 ait fait tripler le nombre d’apprentis, atteignant presque le million, la qualité de cette formation est à remettre en question. «Augmenter le nombre d’apprentis ne signifie pas forcément améliorer leur qualité», souligne Karine Desroses. Le Comité France Compétences rapporte un déficit alarmant de 12 milliards d’euros concernant l’apprentissage. Plus inquiétant encore, un rapport de la Cour des comptes a récemment révélé que 10 % des fonds dédiés à l’apprentissage sont à risque de détournement, une perte potentielle de près d’un milliard et demi d’euros chaque année...







