Alors que les sénateurs s'affairent à discuter du projet de loi d'urgence agricole, le Medef fait part de ses craintes concernant un potentiel déséquilibre dans l'attribution des ressources en eau. Dans une note révélée par Contexte, l'organisme patronal souligne une possible "priorité de fait" accordée à l'agriculture, au détriment des entreprises. Cela ne peut qu'inquiéter ceux qui voient l'eau comme un bien commun nécessitant un partage équitable.
"L'eau est un bien commun et il convient de la partager entre les différents utilisateurs concernés", insiste le Medef.
Bien que la loi prévoit des ajustements favorables, tels que l'allègement des procédures d'autorisation pour le stockage de l'eau, le Medef appelle à la prudence. Les risques d'un "accaparement sans contrepartie" de cette précieuse ressource par le secteur agricole sont réels, mettant en péril les efforts des entreprises qui ont déjà considérablement réduit leur consommation d'eau et investi dans des solutions de sobriété.
Un appel à l'équité dans la gestion des ressources
Le Medef exprime des réserves concernant l'article 5A du projet de loi, qui vise à garantir une plus grande disponibilité des ressources en eau pour l'agriculture, avec un objectif ambitieux de doubler le volume de stockage d'ici 2035. Cela pourrait créer un précédent inquiétant, où l'agriculture obtiendrait une priorité sur l'eau lors de décisions futures. Les entreprises, de leur côté, demandent simplement que leurs besoins soient pris en compte sans que cela ne résonne comme une hiérarchie des usages.
Dans cette démarche, le Medef prône des solutions variées, incluant la réutilisation des eaux usées et une optimisation des consommations, au lieu de s'appuyer uniquement sur le stockage. D'autant plus que le ministère de l'Agriculture pourrait renforcer son influence sur les agences de l'eau, une perspective qui suscite encore plus d'inquiétude. Toutefois, le soutien de certains sénateurs à une inclusion de Bercy dans cette tutelle pourrait offrir un équilibre.
Enfin, le Medef critique également l'article 9 du projet de loi, qui impose des contraintes supplémentaires aux projets industriels situés sur des terres agricoles, craignant que cela n'entrave encore davantage les projets économiques. La tension entre les intérêts agricoles et industriels est à son comble, et le monde économique espère un débat ouvert et équilibré.







