Le procès pour apologie du terrorisme de l’eurodéputée LFI Rima Hassan, qui devait se tenir ce mardi à Paris, a été reporté aux 19 et 20 octobre par demande de la défense. L'élue est poursuivie en lien avec un tweet controversé évoquant Kōzō Okamoto, l'un des responsables de l'attentat de Tel-Aviv en 1972, qui a causé la mort de 26 personnes. Ce report a suscité une forte réaction parmi les parties civiles et le ministère public.
"C'est une première victoire, car cela constitue un revers significatif pour les parties civiles. Elles ont tenté de présenter leurs arguments à la dernière minute, en violant les droits de la défense", a affirmé Me Vincent Brengarth, l'avocat de Mme Hassan, à la sortie du tribunal.
Le tweet au cœur de l'accusation
La justice reproche à Rima Hassan un message posté sur son compte X fin mars, dans lequel elle citait Kōzō Okamoto. Ce tweet, qui a finalement été supprimé, avait déjà suscité l'attention du ministre de l'Intérieur, ainsi que celles de l'Organisation juive européenne (OJE) et de la Licra. Le défenseur a demandé le renvoi lors de l'audience, arguant "d'un déferlement de constitution de parties civiles […], avec l'objectif évident d'obtenir la condamnation de Rima Hassan", une position contestée par le ministère public et les avocats de plusieurs parties civiles.
Une forte mobilisation
À la mi-journée, une centaine de manifestants s'était rassemblée devant le tribunal pour soutenir l'eurodéputée. Des figures du mouvement LFI, dont Jean-Luc Mélenchon et le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, étaient présents, comme ont pu le rapporter des journalistes de l'AFP. Avec des drapeaux palestiniens et des pancartes à l'effigie de Rima Hassan, l'élue a dénoncé la "répression" que subissent les défenseurs de la cause palestinienne, appelant à "faire front pour la démocratie et la liberté d'expression".
Brigitte, une architecte de 63 ans, a déclaré à l'AFP qu'elle était venue "soutenir une femme courageuse et travailleur", tout en exprimant son mécontentement face à "ces anathèmes visant à discréditer la gauche". Plus de 200 personnalités, dont la Prix Nobel de littérature Annie Ernaux et l’ancienne ministre Christiane Taubira, avaient également signé une tribune de soutien publiée dans L’Humanité.
Les autres procédures judiciaires
La garde à vue de Rima Hassan, intervenue le 2 avril, avait provoqué un fort retentissement médiatique. Son avocat avait dénoncé une procédure "parfaitement illégale", soulignant une tentative de contourner son immunité parlementaire. Bien que des fuites aient circulé dans la presse concernant une éventuelle détention de drogues, l’enquête a démenti ces allégations, et l'élue a porté plainte pour violation du secret de l'enquête.
Dans le cadre d'autres procédures, Rima Hassan doit également comparaître le 16 septembre pour des accusations d' "apologie publique de crime" et "provocation publique et directe à commettre un crime".







