Le débat s'intensifie au sein de l'éducation nationale autour d'un projet de décret qui prévoit la radiation d'un élève si un parent adopte un comportement jugé inacceptable. Ce jeudi, des syndicats d'enseignants et des représentants des parents d’élèves ont quitté une réunion ministérielle en signe de protestation. Mustafa Ozcelik, vice-président de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE), a déclaré : "Lorsque le vote a été proposé lors du conseil supérieur de l'éducation (CSE), seules quelques voix sont restées pour soutenir le projet, soulignant une opposition collective et résolue aux décisions administratives et à la communication unilatérale du ministère". Caroline Brisedoux, de la CFDT EFRP, a ajouté que ces départs témoignent d'une "exaspération palpable" face à la gestion des discussions par l'administration.
Le projet de décret, au cœur de cette controverse, stipule qu'un élève dont un parent compromet gravement le fonctionnement de son établissement pourrait être contraint de changer d'école. Lors du CSE, les membres ont adopté un vœu demandant le retrait de ce projet, une initiative qui a recueilli un large soutien.
Les actes fautifs des membres de la famille d'un élève doivent être gérés par les voies administratives, disciplinaires ou judiciaires existantes, sans nuire à la scolarité de l’enfant.
Le texte rappelle que la protection des employés de l'éducation nationale contre toute forme de violence et de menace est une nécessité, mais refuse que des élèves subissent les conséquences des actes d'autrui. De nombreux experts, comme Jérôme Fournier, secrétaire national du SE-UNSA, contestent la pertinence de ce décret : "Bien que certaines familles dépassent les bornes, la réponse adoptée est inappropriée", a-t-il souligné.
La défense du texte a été assurée par le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, qui soutient que l’élève sera accompagné durant ce processus. "Les parents doivent comprendre que leurs actions peuvent avoir des conséquences pour la communauté éducative", a-t-il ajouté dans un entretien avec le quotidien La Montagne le 30 juin.
Le projet de décret sera présenté au Conseil d'État dans les jours à venir, selon des sources au sein des syndicats, et pourrait marquer un tournant significatif dans les relations entre les deux parties.







