Après avoir fui vers la Corée du Sud, Ryu Hyon-u, ancien représentant de l'ambassade nord-coréenne au Koweït, a publié en novembre 2025 un livre intitulé La Chambre forte secrète de Kim Jong-un, qui reste inédit en français. Il dresse un tableau saisissant du régime, notamment à travers un entretien accordé au quotidien japonais Asahi Shimbun.
En décembre 2013, Kim Jong-un a exécuté son oncle Jang Song-taek, ancien vice-président de la commission de défense nationale, qu'il a accusé de trahison. À ce sujet, Ryu raconte : “Kim a déclaré que Jang était perfide et totalement déloyal. Bien qu’il ait souhaité respecter un deuil de trois ans après la mort de son père, son comportement était inacceptable, ce qui a entraîné son exécution.”
La brutalité du régime se manifeste également dans la méthode d’exécution, Kim Jong-un ayant opté pour un lance-flammes afin de s'assurer qu'il ne restait aucune trace. “Si j’avais fait fusiller Jang, ce serait un gaspillage de munitions”, aurait-il spécifié.
Un règne empreint de stress et de terreur
Lors d’un banquet en 2016, Kim Jong-un aurait consommé tant d’alcool qu’il en perdit totalement la mémoire. À tel point qu'il a ordonné l’arrestation de Kim Pyong-ho, un de ses subordonnés, pensant qu'il était encore en liberté. Lorsque la réalité lui fut révélée, il en était stupéfait.
Les témoignages de Ryu soulignent que Kim Jong-un, au début de son règne, souffrait de doutes profonds sur la loyauté de son entourage, composé d’anciens collaborateurs de son père. “Il avait parfois l’impression que le pouvoir était trop lourd à porter seul”, déclare Ryu.
Une gestion troublée par l’alcool
Alors que son père, Kim Jong-il, savait gérer sa consommation d’alcool, Kim Jong-un s’y adonne parfois de manière excessive, ce qui reflète un besoin désespéré d'échapper à la pression. “Il est bien connu dans le régime que Kim jong-un buvait pour évacuer son stress”, précise une source diplomatique.
Les conséquences de cette vie chaotique pèsent lourdement sur le peuple nord-coréen. Les exécutions et la terreur sont devenues des outils de contrôle rigoureux, tandis que le régime, bien qu'apparenté à une seconde génération de dictature, continue de perpétuer des lignes de pouvoir discrètes mais terrifiantes.
En ce qui concerne la viabilité du régime, Ryu est plus nuancé, affirmant qu’une stabilité illusoire est présentement installée, avec Kim Jong-un purgeant les menaces potentielles. Néanmoins, il reste un dilemme : “Pour maintenir son autorité, des réformes seraient nécessaires, mais cela mettrait fin à la dynastie des Kim.”
Le futur de Kim Ju-ae, la fille du leader, reste également incertain. Dans ce monde patriarcal, les chances qu'elle accède un jour au trône sont très minces. “Kim Jong-un cherchera assurément à avoir un fils pour prolonger la lignée,” conclut Ryu.
Au cœur de la diplomatie, les attentes internationales sont également élevées; des sommets avec les États-Unis pourraient se répéter, toutefois, Kim Jong-un ne fera aucune concession sans contrepartie. Pour lui, la fin des sanctions et la reconnaissance comme État nucléaire demeurent ses priorités essentielles.







