Le site du ministère de l’Intérieur, Ma Sécurité, offre une plateforme spécifiquement conçue pour écouter les mineurs. Depuis Bordeaux, les policiers de la Division de l’accueil numérique s’efforcent d’aider les jeunes à se confier et à garantir leur protection.
La tragédie de Lyhanna, une collégienne de 11 ans assassinée le 29 mai 2026 à Fleurance, dans le Gers, a suscité une onde de choc à travers toute la France. Cet événement tragique a poussé la Division de l’accueil numérique à augmenter son engagement en faveur de l'écoute et de la protection des jeunes surveillés sur Ma Sécurité.
Un outil indispensable pour briser le silence
Le commissaire divisionnaire Stéphane Lapeyre nous explique : "La plateforme dispose d’un espace dédié aux mineurs, leur permettant d'échanger en ligne avec un policier dans un cadre de confidentialité et de confiance". Lancée en 2022 par le ministère de l’Intérieur, cette initiative vise d'abord les victimes de violences graves telles que les violences sexuelles, le harcèlement en ligne et la discrimination. Elle a récemment évolué pour inclure un espace pour les enfants et adolescents victimes.
Travaillé en collaboration avec des élèves de CM2 à la terminale, cet espace permet aux jeunes victimes ou témoins de violences de discuter de situations menaçantes de manière sécurisée.
"Nous sommes disponibles 24h/24 et 7j/7 pour écouter ces jeunes, épaulés par des psychologues spécialement formés", souligne le commissaire Lapeyre.
"Un mineur sur dix avant sa majorité est victime de violences sexuelles", indique la commissaire Laure Rainaut, adjointe de la Division de l’accueil numérique.
Un exemple marquant est celui d'une jeune adulte qui a utilisé la plateforme pour dénoncer les abus subis dans son enfance. Elle a incité sa sœur et une cousine, également victimes, à faire de même. Le présumé agresseur a été interpellé, révélant une série d'autres cas d'agression.
"Malheureusement, moins de 8 % des victimes de violences sexuelles intrafamiliales osent alerter les autorités. Encourager un mineur à témoigner est crucial afin que les mesures d'aide puissent être mises en place rapidement", conclut la commissaire Rainaut.
Un outil encore méconnu
Les statistiques sont préoccupantes : chaque jour, 870 signalements d'images ou de vidéos pédo-criminelles sont recensés, et dans 40 % des cas, l'auteur passe à l'acte sur des enfants. Malgré l’importance de la plateforme, celle-ci reste encore méconnue des jeunes. Pour remédier à cela, des initiatives sont prévues pour la rentrée prochaine. Les policiers de Ma Sécurité s’engagent à rencontrer des élèves directement en milieu scolaire et à distribuer des cartes de visite avec QR codes pour faciliter l'accès à ce service.
"Cet outil est sous-utilisé. De nombreux adolescents possèdent un smartphone, mais sont souvent ignorants de son existence. Nous souhaitons leur donner la possibilité de se signaler facilement, sans nécessairement déclencher une procédure judiciaire", conclut Stéphane Lapeyre.
(1) masecurite.interieur.gouv.fr permet d’entrer en relation avec la police et la gendarmerie.







