Le cheikh Hamad bin Khalifa Al Thani, ancien émir du Qatar, est décédé à 74 ans, comme l’a annoncé Doha le 12 juillet. En fonction de 1995 à 2013, suite à un coup d’État, il a grandement contribué à façonner le Qatar tel que nous le connaissons aujourd’hui.
Le décès du cheikh Hamad a été officialisé par l’Amiri Diwan, sans en préciser les causes. Figure emblématique, il avait abdiqué en 2013 en faveur de son fils, le cheikh Tamim bin Hamad Al-Thani, espérant passer le flambeau à une nouvelle génération avec, comme il le disait, ses "idées novatrices".
"L’Amiri Diwan a annoncé le décès de Son Altesse le père émir, le cheikh Hamad bin Khalifa Al-Thani. Qu’Allah ait pitié de son âme et lui accorde la plus belle récompense pour son immense dévouement envers sa patrie" a déclaré la représentation officielle.
Artisan du rachat du PSG
Sous son règne, le Qatar a redéfini son économie, notamment par le développement des exportations de gaz naturel liquéfié et l’ascension de la chaîne Al Jazeera comme acteur médiatique majeur. Avec plus de 2,5 millions d’habitants, dont une minorité de citoyens qatari, le pays est devenu le premier exportateur mondial de gaz.
L’un de ses legs les plus visibles est sans conteste le rachat du Paris Saint-Germain en 2011, qui a propulsé le club vers des sommets inédits, avec de nombreux titres nationaux et des victoires en Ligue des champions. La Coupe du Monde de football organisée par le Qatar a également été un point marquant de son règne.
Un rôle de médiateur sur la scène internationale
Le cheikh Hamad est arrivé au pouvoir lors d’un coup d’État sans effusion de sang et a, dès ses débuts, été considéré comme un dirigeant accessible. Souvent aperçu dans le souk de Doha, il à su établir une diplomatie active, se posant en médiateur lors de conflits régionaux allant du Liban au Yémen, tout en maintenant des relations avec les États-Unis et l’Iran. Son rôle au sein de la diplomatie a permis au Qatar de concilier des relations complexes.
Un équilibre précaire avec ses homologues du Golfe
À l’époque des soulèvements du Printemps arabe de 2011, Hamad bin Khalifa a été à l’avant-garde, utilisant les ressources du pays pour soutenir les mouvements révolutionnaires. Sa volonté de promouvoir les aspirations populaires a cependant engendré des tensions avec d’autres monarchies du Golfe, notamment l’Arabie saoudite et les Émirats, qui percevaient ce soutien comme une menace potentielle pour leur propre stabilité.
Il était à la fois admiré pour sa vision avant-gardiste et critiqué pour ses choix politiques, balançant entre engagements diplomatiques et intérêts nationaux. Son héritage sera longtemps discuté en tant que le père d’un Qatar nouveau, mais aussi en tant qu’acteur controversé dans une région en perpétuelle mutation.







