Le tribunal administratif de Montreuil a récemment annulé l'élection des adjoints au maire de Saint-Denis, une décision qui secoue le nouvel exécutif. La préfecture de Seine-Saint-Denis a soulevé des objections concernant la légalité de la composition du conseil municipal, entraînant une suspension temporaire des effets de la décision suite à un pourvoi en cassation déposé par la municipalité.
Bally Bagayoko, arrivé récemment à la tête de la ville, voit ses premiers mois marqués par cette tempête judiciaire. En effet, l'élection du 4 avril dernier a été annulée alors que la nouvelle majorité devait installer ses adjoints. Deux jours après l'élection, la préfecture a agi avec fermeté en déposant un recours, en arguant que la démarche de la municipalité était irrégulière. Selon Valeurs Actuelles, cette situation confère à l'opposition municipale, dirigée par l'ancien maire socialiste Mathieu Hanotin, une occasion inespérée de critiquer la gouvernance actuelle.
Une construction juridique contestée
Au cœur de la controverse se trouve la position de Farid Aïd, maire délégué de Pierrefitte-sur-Seine. Sa nomination en tant qu'adjoint au maire de Saint-Denis a été remise en question, car le Code général des collectivités territoriales stipule qu'il exerce ses fonctions de droit, sans être comptabilisé dans le quota d'adjoints. La municipalité a cependant tenté de le présenter comme "supplémentaire" lors de l'élection, ce qui a fait l'objet de contestations.
Le tribunal administratif a finalement tranché en faveur de la préfecture, annulant l'élection des adjoints et pointant du doigt la procédure foulée aux pieds par la majorité municipale. Malgré cela, l'élection de Bally Bagayoko comme maire et celle de Farid Aïd en tant que maire délégué ne sont pas remises en question, souligne Valeurs Actuelles.
La Ville se veut rassurante
Dans une déclaration au Parisien, Bally Bagayoko a tenté de tempérer les inquiétudes en mettant en avant le pourvoi en cassation, qui lui permettra de maintenir le fonctionnement de son exécutif tant que la situation n'est pas définitivement tranchée. Les délégations liées à l'urbanisme, à l'éducation et à la sécurité demeurent donc assurées pour le moment.
Cependant, cette affaire constitue un nouveau défi pour le maire LFI, élu avec 50,77 % des voix au premier tour des élections municipales. Son arrêté interdisant les expulsions locatives, déjà suspendu précédemment, montre bien les difficultés qu'il rencontre depuis le début de son mandat. À l'avenir, un nouveau vote pour choisir des adjoints pourrait être nécessaire si la décision du tribunal est maintenue.
Alors que la situation continue d'évoluer, relations entre majorités et oppositions se resserrent dans une lutte politique acharnée qui met à jour les premières frictions d'un début de mandat tumultueux pour Bally Bagayoko.







