Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, s’est engagé à présenter d’ici vendredi des mesures concrètes pour répondre aux préoccupations des agriculteurs, comme l’a déclaré la FNSEA après une réunion à Matignon ce mardi soir.
Lors de cette rencontre, le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, a appelé à clarifier les mesures d’urgence pourtant demandées depuis longtemps par le syndicat. Les sujets portés à l’attention du Premier ministre incluent des enjeux sanitaires, la viticulture, la taxe carbone aux frontières, ainsi que les lenteurs administratives dues aux décrets d’application de la loi Duplomb.
Des actes plus que des mots
« Ce qui importe aujourd’hui, ce ne sont plus les discours, mais les actions », a souligné Rousseau, alors que la colère du milieu agricole, exacerbée après les fêtes, commence à se faire ressentir. Les agriculteurs estiment que les annonces récentes du gouvernement ne répondent pas adéquatement aux crises actuelles : épizootie de dermatose nodulaire contagieuse parmi les bovins, chute des prix du blé et coûts élevés des engrais sont autant de défis cruciaux.
Rousseau a également critiqué l’accord de libre-échange UE-Mercosur, qui pourrait bouleverser l’agriculture européenne, évoquant une inquiétude croissante devenant « le symbole de ce que nous ne voulons pas pour notre agriculture ». En ce sens, la récente promesse de l’UE d’un budget supplémentaire de 45 milliards d’euros pour la future politique agricole commune (PAC) semble insuffisante à ses yeux.
Vers une mobilisation accrue en cas de signature du Mercosur
Avec la signature du traité avec le Mercosur prévue pour le 12 janvier, les agriculteurs voient dans cette annonce un dernier effort du gouvernement avant l'engagement. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, attend le feu vert des États membres, un vote qui devrait se tenir prochainement à Bruxelles.
Le traité, en négociation depuis plus de 25 ans, pourrait ouvrir les portes du marché européen à des produits sud-américains tels que la viande, le sucre et le soja, suscitant des craintes au sein de diverses filières agricoles. Rousseau n’a pas caché sa méfiance envers les annonces de Bruxelles et a demandé à Sébastien Lecornu des clarifications sur les implications de cet accord.
« Au cas où le Mercosur serait approuvé, nous serons contraints de lancer de nouvelles mobilisations », a averti Rousseau, soulignant ainsi la détermination du secteur agricole à se faire entendre face à des mesures qu'il considère comme insuffisantes pour garantir l’avenir de l’agriculture en France.
Pour plus d’informations, consultez des sources telles que Le Monde et Libération, où ces enjeux sont également discutés.







