Le climat de tension continue de s'intensifier parmi les agriculteurs français, alors qu'une centaine de tracteurs de la Coordination rurale prennent la direction de Paris pour protester contre les difficultés croissantes du secteur. Malgré les conditions météorologiques adverses, les mobilisations s'étendent du Sud-Ouest à la capitale, défiant les restrictions imposées par les autorités.
Les agriculteurs, emmenés par des figures emblématiques de la Coordination rurale (CR), expriment un mécontentement généralisé face à l'augmentation des coûts de production, notamment due à la hausse des prix des engrais et aux menaces d'une concurrence renforcée avec les pays du Mercosur. Lionel Candelon, président de la chambre d’agriculture du Gers, a affirmé : « Tant qu’il n’y aura pas de réponses concrètes, notre mobilisation se poursuivra. »
La situation est particulièrement tendue à Toulouse, où des barrages ont été érigés sur les routes principales par des manifestants déterminés. La préfecture a répondu par la mise en place de barrages de sécurité, parfois avec des confrontations entre forces de l’ordre et agriculteurs, dont certains ont poussé à des actes de résistance active. Selon le procureur de la République de Toulouse, David Charmatz, « 16 manifestants ont été placés en garde à vue pour avoir entravé la circulation. »
Cependant, des sources indiquent que la majorité des gendarmes et des forces de l'ordre ont reconnu la nature pacifique de la manifestation. Bertrand Venteau, président de la CR, a déclaré qu'ils étaient déterminés à atteindre Paris pour porter leurs revendications aux lieux symboliques de la politique française, affirmant : « Même par sous-marin, nous y arriverons. »
Le gouvernement, quant à lui, tente d'apaiser la colère des agriculteurs. Sébastien Lecornu, ministre de l’Agriculture, a promis des annonces d’urgence à la fin de la semaine. Toutefois, la ministre Annie Genevard a évoqué la possible suspension de la taxe carbone européenne sur les engrais, sans garantie répondue par la Commission européenne. Des experts du secteur estiment que ces mesures pourraient être insuffisantes pour redresser la situation face à la menace du Mercosur, qui inquiète profondément les producteurs locaux.
Ce climat de mécontentement et de résistance souligne la fragilité actuelle de l'agriculture française, alors que l'Union européenne doit encore faire face à des défis futurs, notamment la ratification de l'accord UE-Mercosur prévu le 12 janvier prochain. La mobilisation des agriculteurs français est donc non seulement un cri de détresse, mais également un appel à une reformulation des politiques agricoles à l'échelle européenne, reflet d'un déséquilibre croissant dans un système déjà en crise.







