Le vice-Premier ministre irlandais, Simon Harris, a annoncé que son pays votera contre l'accord commercial proposé entre l'Union européenne et le bloc sud-américain Mercosur. Selon Harris, les concessions récentes faites par Bruxelles ne répondent pas aux préoccupations légitimes des agriculteurs irlandais.
« Même si l'UE a introduit certaines mesures supplémentaires, elles ne suffisent pas à rassurer nos citoyens », a déclaré Harris lors d'une conférence de presse. De plus, il souligne que l'Irlande enfreint les normes de durabilité agricoles que les citoyens attendent de tels accords.
À l'approche d'un vote crucial qui doit avoir lieu ce vendredi, l'espoir de Bruxelles de finaliser cet accord demeure pour l'instant fragile. Le gouvernement italien, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a exprimé une position plus optimiste, mettant en avant les avantages économiques qu’un tel traité pourrait apporter, pour peu qu'il respecte les préoccupations agricoles.
Des répercussions de ce mécontentement se font ressentir dans l'ensemble de l'Europe, où une vague de contestation agricole se propage, particulièrement en France. Des agriculteurs ont récemment manifesté à Paris, introduisant des tracteurs devant des monuments emblématiques comme la Tour Eiffel, en signe de protestation contre les conséquences potentielles de cet accord. Selon des sources locales, ces agriculteurs craignent pour leur avenir face à une concurrence accrue des produits sud-américains.
Pour apaiser les tensions, l'exécutif européen a convoqué en urgence les ministres de l'Agriculture. Des mesures, allant de la suspension temporaire d'une taxe carbone à la mise en place de mécanismes de compensation, ont été évoquées pour répondre aux inquiétudes. Cependant, ces efforts semblent insuffisants à séduire l'Irlande et d'autres États membres qui prennent fermement position contre l'accord.
Les experts, comme Michel Le Meur, économiste agricole, avertissent que si une solution n'est pas trouvée rapidement, cela pourrait avoir un impact négatif sur le morale et la durabilité du secteur agricole européen à long terme. « Les agriculteurs de l'UE veulent des garanties solides ; sinon, ils continueront de lutter pour protéger leurs intérêts », précise-t-il.
Alors que le soutien à l'accord se dilue parmi les États membres, la bataille pour un compromis continue, mettant en lumière les complexités des négociations commerciales internationales.







