Alors que le chef du gouvernement, Sébastien Lecornu, tente de trouver un accord avec les socialistes pour le budget de l'État, il fait face à un choix crucial : recourir à l'article 49.3, qu'il a promis d'éviter, ou opter pour une ordonnance budgétaire, une procédure inédite et complexe. Comme l'affirme une source proche de l'exécutif, cette décision sera prise en fonction des discussions qui se tiennent au cours du week-end, notamment avec le Sénat, sur des points sensibles tels que les collectivités territoriales.
Le Premier ministre, qui doit rapidement présenter les détails des mesures budgétaires aux parlementaires, se prépare à affronter une motion de censure, quel que soit son choix. Le recours au 49.3, bien que traditionnel pour l'adoption des budgets précédents, pourrait provoquer un fort mécontentement, tandis que l'ordonnance, qui permettrait de valider le projet initial sans le passage devant le Parlement, reste risquée et méconnue.
Des décisions à haut risque
Les options dont dispose le gouvernement sont certes constitutionnelles, mais chacune comporte ses propres enjeux. D'un côté, l'article 49.3 engage la responsabilité du gouvernement : si une motion de censure est adoptée, cela peut entraîner l'abrogation du budget tout entier. De l'autre, l'ordonnance permet d'établir un budget même en cas de chute du gouvernement, mais elle pourrait ne pas refléter les compromis négociés récemment.
La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a souligné l'importance de l’enjeu, affirmant que « lorsque l'on fait de la politique, il faut respecter ses engagements ». Elle a cependant reconnu qu’elle partageait le sentiment d'échec vis-à-vis de la méthode de Lecornu. Des voix, comme celle de Laurent Panifous, ministre des Relations avec le Parlement, indiquent que quelles que soient les mesures adoptées, elles doivent s'appuyer sur le même texte de compromis.
Une réponse politique nécessaire
Alors que la pression augmente, Lecornu doit aussi clarifier le financement des concessions accordées aux socialistes pour respecter l'objectif ambitieux d'un déficit public maximal de 5 % du PIB. Ces inquiétudes sont partagées au sein de l'opposition, où le PS a annoncé qu'il ne censurerait pas le gouvernement à condition que les intérêts des Français soient préservés. À l'inverse, des voix de la France Insoumise, comme celle de Manuel Bompard, menacent de déposer une motion de censure, quel que soit le choix final du gouvernement.
François Hollande, ancien président socialiste, plaide résolument en faveur du 49.3, tout en avertissant des risques associés à l'ordonnance. À droite, la nécessité d'adopter rapidement un budget est également pressante, avec des critiques sur une gestion jugée insatisfaisante. Dans cette atmosphère de tension, chaque décision résonnera fortement à l’échelle politique nationale.







