La situation au centre pénitentiaire de Baie-Mahault, en Guadeloupe, est devenue alarmante, selon le contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL). Dans son dernier rapport, il souligne une surpopulation carcérale « dramatiquement élevée », affectant gravement les droits fondamentaux des détenus. Plus de 160 personnes dorment sur des matelas au sol, souvent « installés sur des meubles tels que des tables et des réfrigérateurs », en raison du manque d’espace.
Le rapport révèle un taux d’occupation de 251 % dans la maison d’arrêt pour hommes, exposant ainsi plusieurs problèmes majeurs de conditions de vie. En effet, la plupart des cellules ne disposent même pas des 3 mètres carrés de surface individuelle recommandés par la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH). Dans cette optique, le CGLPL stipule : « Parfois, il ne reste aucun espace pour se mouvoir et il arrive que l’espace au sol soit insuffisant pour accueillir un matelas ».
Les conditions sanitaires sont également préoccupantes. Le rapport met l’accent sur des locaux vétustes, sous l’emprise de moisissures, et sur une absence d’intimité dans les espaces sanitaires. De plus, le service de buanderie est déficient, forçant les détenus à laver leurs draps dans les lavabos à l’eau froide. Le constat est cru : les droits humains des détenus sont clairement bafoués.
Le rapport évoque aussi des violences récurrentes au sein de l'établissement. Entre janvier et septembre 2025, 154 faits de violences ont été enregistrés, dont une dizaine impliquant des armes. Un incident a même vu un détenu subir une fracture de la mâchoire, tandis qu'un autre a été trouvé « le visage ensanglanté » durant une visite.
L’attention est aussi attirée sur la situation des mineurs, considérée « inadaptée ». Les jeunes prisonniers subissent des fouilles corporelles systématiques, reçoivent uniquement quatre heures d'enseignement par semaine — contre douze prévues — et accèdent à une cour « indigne », dépourvue d’abris et de points d'eau.
Le CGLPL appelle instamment à « des mesures urgentes » pour remédier à la surpopulation, tout en soulignant que la construction en cours de 300 nouvelles places au centre ne répond pas aux besoins essentiels, comme la création de salles d'activités.
Encore prégnante dans le débat public, la question de la surpopulation carcérale en Guadeloupe ne se limite pas à Baie-Mahault. La maison d'arrêt de Basse-Terre a récemment accueilli une nouvelle structure, mais des défis similaires persistent. Les apports d'experts et d’organisations de défense des droits humains mettent en lumière la nécessité d'une réforme immédiate du système pénitentiaire, pour que chaque détenu puisse bénéficier de conditions dignes, comme l'affirme l'association Human Rights Watch.







