Le Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) a récemment fait état d'une situation critique à la prison de Baie-Mahault, en Guadeloupe. Plus de 160 détenus sont obligés de dormir sur des matelas posés au sol, parfois à des endroits étonnants comme sur des tables et des réfrigérateurs, par manque d’espace. Dans son dernier rapport, le CGLPL souligne que la surpopulation carcérale y est «dramatiquement élevée», entravant gravement les droits fondamentaux des personnes incarcérées.
Lors d'une visite effectuée à l'automne 2025, les contrôleurs du CGLPL ont constaté un taux d'occupation de 251 % à la maison d'arrêt pour hommes, avec 435 détenus pour seulement 173 places disponibles. Ce rapport a révélé qu’environ 167 prisonniers doivent dormir «sur un matelas posé au sol ou sur du mobilier précaire». Dans la majorité des cellules, la surface individuelle par détenu ne dépasse pas «3 m²», un seuil en dessous duquel la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) présume une violation des droits fondamentaux.
La situation sanitaire n'est pas plus réjouissante. De nombreux locaux sont vétustes, marqués par la présence de moisissures et un manque flagrant d'intimité dans les sanisettes. Selon le rapport, le service de buanderie ne fonctionne pas correctement, contraignant les détenus à laver leurs draps dans les lavabos à l'eau froide. Ces conditions de détention, alarmantes, soulèvent de vives inquiétudes chez les experts en droits humains.
Le CGLPL a également fait état de violences répétées en milieu pénitentiaire. Entre janvier et septembre 2025, pas moins de 154 cas de violence ont été signalés, dont 10 impliquant des armes. Le climat de violence est tel qu'un détenu a été retrouvé avec la mâchoire fracturée, tandis qu'un autre a été aperçu avec le visage ensanglanté lors de visites des contrôleurs. Les conditions de détention des mineurs sont particulièrement préoccupantes. Ils subissent de systématiques fouilles intégrales, n’ont accès qu'à quatre heures de cours hebdomadaires au lieu des douze requises, et Font usage d’une cour jugée «indigne», sans abri adéquat.
Face à cette situation, le CGLPL exhorte les autorités à prendre des «mesures urgentes» pour remédier à la surpopulation. Bien que la construction de 300 nouvelles places soit en cours, il est à noter qu'aucun espace d'activité n'est prévu dans le nouveau bâtiment. La surpopulation carcérale est un problème récurrent en Guadeloupe, touchant également la prison de Basse-Terre, où les détenus ont récemment intégré une nouvelle maison d'arrêt après plusieurs années de travaux.
Ce constat préoccupant a attiré l'attention de nombreux observateurs et associations en faveur des droits humains, qui appellent à une réflexion urgente sur les conditions de détention en France d'outre-mer. Comme l'indique un rapport du ministère de la Justice, «il est impératif d’évaluer et de repenser notre politique pénitentiaire» afin de garantir des conditions dignes pour tous.







