Une scène éloquente. Le lendemain du premier tour des municipales à Marseille, le bureau de Martine Vassal dans le 6e arrondissement est resté clos toute la matinée. Un rideau tiré, reflet de la candidate LR, restée muette pendant près de 24 heures après son score décevant. Bien que très connue dans la ville phocéenne, Vassal, réélue à la tête du département des Bouches-du-Rhône en 2021, a à peine récolté 12,41% des voix, loin derrière le maire divers gauche Benoît Payan (36,70%) et le candidat d'extrême droite Franck Allisio (35,02%).
Selon le sénateur LR Stéphane Le Rudulier, "On a pâti d'un maire sortant qui a joué la carte du centre-gauche et d'un député RN qui a usé d'une stratégie similaire à celle de la droite". Ainsi, l'avenir politique de la droite à Marseille semble incertain.
Si Franck Allisio gagne, "la droite est finie à Marseille"
Martine Vassal a finalement décidé, malgré les pressions, de ne pas se retirer et de continuer son combat au second tour. Dans un communiqué, elle a affirmé : "Je prends acte de ce résultat et nos courants doivent continuer à être représentés". Ce choix est cependant perçu comme un risque potentiel de conduire à une victoire du RN, d'où les inquiétudes croissantes.
Un membre LR a exprimé sa préoccupation : "C'est bien qu'on se maintienne, mais si Franck Allisio sort victorieux, la droite est finie à Marseille". Martine Vassal, consciente de son défi, demeure déterminée à ne pas abandonner ceux qui lui ont confié leur voix.
Malgré tout, des voix critiques s'élèvent quant à sa campagne. Elle a dû faire face à diverses controverses, parmi lesquelles une perquisition dans ses bureaux pour des soupçons de malversations. Cela a ajouté une ombre sur une candidature déjà mise en difficulté par une gauche unie et une droite qui peine à se repositionner.
Des erreurs stratégiques et une position floue
Les obstacles rencontrés par Martine Vassal durant sa campagne soulignent un manque de coordination et une communication défaillante. Comme l'indique un ancien conseiller, "On a misé sur le mauvais cheval". Cet avis est partagé par plusieurs figures de la droite qui pointent un tournant trop centristes à l'encontre des besoins marseillais.
Les propositions de Vassal, telles que l'extension du tramway et l'amélioration des infrastructures, n'ont pas suffi à générer un véritable engouement. Au contraire, certains de ses anciens affidés ont délaissé son camp au profit du candidat RN, perçu comme plus en phase avec les attentes des électeurs.
Bruno Retailleau, président des LR, a tenté de soutenir sa camarade, décrivant ses efforts comme "très travaillés". Cependant, les clivages au sein de son propre camp demeurent. Vassal est perçue par certains comme manquant de colonne vertébrale idéologique, et ses hésitations face aux alliances électorales ne font qu'accentuer cette perception.
"Elle n'a jamais eu de colonne vertébrale idéologique et elle se laisse porter par le vent", commente l'ancien député PS Patrick Mennucci.
La tension grandissante autour de Vassal pourrait aboutir à une situation où elle ne parvient pas à conserver son score de 12%. Des analystes politiques s'interrogent : "Si elle se retrouve sous les 10%, ce sera une catastrophe pour la droite marseillaise".
Alors que le second tour approche, l'avenir de Martine Vassal ainsi que celui de la droite à Marseille demeure en équilibre instable. Chacune de ses décisions pourrait jouer un rôle crucial dans le paysage politique de demain.







