Chaque semaine, Courrier international nous éclaire sur ses choix éditoriaux. Ce numéro fait un point sur la situation en Iran, où l'avenir reste flou, et se penche sur la stratégie israélienne. Au fil des récents événements, Benyamin Nétanyahou tente de redessiner la carte du Moyen-Orient, une entreprise périlleuse aux conséquences incertaines selon de nombreux analystes.
La guerre en Iran est-elle la dernière incursion pour le Premier ministre israélien ? Après les bombardements initiaux contre le régime iranien, des signaux contradictoires émergent, notamment de la part de Donald Trump, qui oscillent entre intervention terrestre et négociations. Les décisions de Nétanyahou, qui sont en grande partie motivées par les attaques surprises du Hamas, s’axent désormais sur l’idée de changer la carte du Moyen-Orient.
Comme le souligne le quotidien Ha'Aretz, l’analyse historique des choix de Nétanyahou est essentielle pour comprendre ses actions. Les fondements de la doctrine de sécurité israélienne reposent sur la dissuasion, la détection préventive et un engagement militaire rapide. Toutefois, comme le précise l’analyste Anshel Pfeffer, les décisions politiques peuvent se révéler plus complexes qu'une simple stratégie militaire.
La date du 7 octobre 2023 a été un tournant : ce qui était à l’origine un slogan électoral est devenu le cœur de la stratégie de sécurité israélienne, touchant des régions allant de Gaza à Téhéran.
Pfeffer met également en garde : le conflit en cours, un partenariat entre Trump et Nétanyahou, pourrait mener à un enlisement d'Israël et de graves conséquences politiques. Un échec pourrait coûter cher à Nétanyahou, notamment lors des élections à venir.
Gershom Gorenberg, dans The Atlantic, évoque le quotidien éprouvant des Israéliens, entourés d'une guerre incessante, que le gouvernement semble déterminé à maintenir indéfiniment.
La situation au Liban, où Israël est confronté à une résistance croissante du Hezbollah, souligne les enjeux militaires sur plusieurs fronts. Des sources sécuritaires, rapportées par Yediot Aharonot, indiquent que l'armée israélienne pourrait rester profondément engagée sur le territoire libanais bien plus longtemps que prévu.
La question se pose : l’armée israélienne peut-elle soutenir une telle pression sur le long terme ? Lors d’une réunion récente, le chef d’état-major israélien a exprimé des inquiétudes quant à la viabilité des forces israéliennes sur plusieurs fronts, soulignant la nécessité d'une réforme dans le système de conscription des juifs ultra-orthodoxes largement exemptés du service.
Avi Issacharoff de Yediot Aharonot met également en exergue l'aveuglement de Nétanyahou face à la réalité. Malgré ses ambitions, il lui est difficile de correspondre aux attentes de leadership nécessitant une communication honnête avec le public, une compétence essentielle à l’heure des crises.
La dynamique actuelle, tant en Iran qu'au Liban, démontre que les succès militaires ne se mesurent que sur le long terme, et une “pax israeliana”, qui garantirait la suprématie d'Israël dans la région, reste encore incertaine.







