Sébastien Lecornu a exprimé, mercredi, que si une motion de rejet de la réforme constitutionnelle concernant la Nouvelle-Calédonie était votée à l’Assemblée nationale, cela constituerait une "motion de mépris" pour les signataires de l’accord de Bougival. Le ministre a rappelé que sa porte restait "ouverte" pour discuter du sujet. "On peut être d’accord ou non avec cet accord, mais il est impensable qu’un tel texte soit écarté sans examen et discussion", a-t-il ajouté sur X.
Le projet de loi, prévu pour être examiné à l'Assemblée nationale mercredi ou jeudi, pourrait faire face à un rejet avant l’examen des amendements, car le Rassemblement national s’apprête à soutenir une motion de rejet proposée par la gauche. Si cette motion était adoptée, le texte serait renvoyé à la navette parlementaire, mais son adoption serait alors considérablement compromise.
Le projet de loi vise à formaliser juridiquement l'accord de Bougival, signé durant l'été 2025 entre le gouvernement français et diverses forces politiques locales. Toutefois, le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), principal mouvement indépendantiste, a de nouveau fait part de son opposition à cette réforme constitutionnelle. Dans un context où les tensions politiques sont vives, l'accord de Bougival aspirait à établir un cadre de coopération entre indépendantistes et non-indépendantistes, une perspective qui semble de plus en plus incertaine.
Dans un message, Lecornu a souligné qu'il avait rencontré des représentants des signataires de Bougival à Matignon pour évoquer les enjeux et a souhaité une discussion constructive entre toutes les parties impliquées. Le projet de loi compte également organiser un référendum, où les électeurs calédoniens auront la possibilité d’approuver ou de rejeter un nouvel "État de la Nouvelle-Calédonie", qui serait inscrit dans la Constitution française.
Les élections provinciales, reportées à plusieurs reprises, sont également au cœur des débats. La réforme propose d’élargir le corps électoral, ce qui suscite des inquiétudes parmi les indépendantistes, inquiets d’une dilution de leur voix.







