Ce lundi 6 avril, près de 60 personnes se sont rassemblées entre Savigny et Beaumont-en-Véron pour manifester leur opposition au projet de mini-réacteur proposé par l'entreprise Newcleo, à quelques kilomètres de la centrale d'Avoine-Chinon. Cette empreinte franco-italienne souhaite implanter son premier réacteur à neutrons rapides en France sur un site abritant plusieurs zones humides.
Les préoccupations exprimées par les militants et riverains laissent entrevoir un profond malaise. Isabelle, une habitante, insiste : "C'est dramatique, je ne vois pas l'intérêt public de se lancer dans un tel projet. Et puis nous avons assez d'une centrale !" Elle évoque également les générations futures, faisant référence aux zones naturelles et aux nappes phréatiques qui pourraient être mises en péril.
Jean-Yves, ancien employé dans le secteur nucléaire, partage son inquiétude quant à une start-up gérant un réacteur aussi sensible. "C'est une industrie dangereuse, la confier à des personnes dont le principal objectif est le profit me semble irrationnel," remarque-t-il.
Daniel Bigot, membre du collectif Stop Newcleo, met en avant des risques significatifs liés au plutonium, affirmant : "Il y aura des quantités importantes de plutonium, le site pourrait devenir vulnérable sur le plan militaire, les risques sont énormes." Les inquiétudes autour de la gestion de l'eau essentielle pour le fonctionnement du réacteur sont également soulevées par Jean-Claude Renou, président de l'Aspie : "J'ai besoin de réponses concrètes sur la production de vapeur et d'électricité et les sources d'eau utilisées."
Ces préoccupations se cristalliseront lors d'une réunion publique le mardi 7 avril à Chinon, alors même que le débat public a été ouvert depuis le 2 avril. C'est un appel à la vigilance qui se fait entendre, à l'heure où l'industrie nucléaire, de plus en plus envisagée, trouve des oppositions résolues sur le terrain.







