Le Conseil d'orientation des infrastructures (COI) a récemment publié un rapport tant attendu, révélant que la ligne à grande vitesse (LGV) Toulouse-Bordeaux ne sera pas opérationnelle avant 2035, avec des coûts estimés à 20 % de plus que les projections initiales. Ce rapport, rendu public dans un contexte discret, souligne que malgré une nécessité affirmée pour ce projet, les défis financiers ne font que croître. Selon la fuite de 124 pages, partagée sur le site Contexte, environ cinq pages sont consacrées spécifiquement à ce projet, qui a démarré en mai 2024.
La Société Grand Projet du Sud-Ouest (SGPSO) a réagi le 16 avril, estimant que les chiffres avancés par le COI sont « fantaisistes » et « infondés », manquant d'une véritable analyse technique. Cependant, les conclusions du COI sont claires : le projet est jugé indispensable, mais nécessitera une réévaluation significative des coûts, estimés désormais à plus de 10,36 milliards d'euros.
L'État est-il prêt à relever le défi financier ?
Dans ce contexte, le rôle de l'État apparaît incertain. Le COI souligne qu'il est peu probable que l'État puisse mobiliser les ressources financières nécessaires dans les délais impartis. L'affirmation du Conseil selon laquelle une mise à niveau globale du réseau ferroviaire du sud-ouest est essentielle pour soutenir l'économie locale et la croissance démographique soulève des questions quant à la volonté et aux moyens nécessaires pour mener à bien le projet.
Réunion à Matignon : des discussions cruciales prévues
En attendant, une réunion est prévue le 21 avril à Matignon, avec la participation du Premier ministre, du ministre des Transports et des Comptes publics, ainsi que des présidents de régions. Les décisions qui en découleront pourraient avoir un impact significatif sur l'avenir de la LGV Toulouse-Bordeaux et sur le financement des infrastructures ferroviaires en France.







