Le ministère de l’éducation a annoncé le lancement d’une expérimentation de carte scolaire dans 18 départements, initiée le jeudi 23 avril. Celle-ci s’inscrit dans un contexte de déclin démographique. Cette démarche vise à impliquer les acteurs locaux dans une approche collective et participative. Cependant, les syndicats daignent appeler à une vigilance face aux objectifs éducatifs et aux contraintes budgétaires.
« Un changement de méthode » : En effet, cette initiative repose sur l’adoption de réalités démographiques et géographiques propres à chaque territoire, comme l'a précisé le ministre de l'éducation, Édouard Geffray, lors d’un récent communiqué. « Les acteurs de ces territoires travailleront ensemble pour construire la carte scolaire en tenant compte de projections démographiques à long terme, des effectifs prévus et des problèmes de transport spécifiques », ajoute-t-il.
Cette initiative s’inscrit dans une volonté d’« inverser la logique en partant du terrain », ce qui, selon le ministre, remet l’école au cœur des discussions sur l’aménagement du territoire, offrant ainsi une vision à long terme. Confronté à une « vague sismique » de baisse démographique, il a souligné la nécessité d'une réflexion approfondie sur l’offre scolaire en lien avec les évolutions démographiques. Les prévisions du ministère indiquent qu’en 2035, établissements scolaires ont le potentiel de perdre près de 1,7 million d’élèves.
Une expérimentation dans plusieurs départements
L’expérimentation se déroulera dans l’Aisne, les Hautes-Alpes, le Cantal, la Charente, les Côtes-d’Armor, le Doubs, la Drôme, le Finistère, la Gironde, l’Indre, la Loire-Atlantique, la Manche, la Meurthe-et-Moselle, le Pas-de-Calais, la Saône-et-Loire, les Yvelines, le Tarn-et-Garonne et en Martinique.
Le ministre a également déclaré : « Si cela fonctionne, je généraliserai la méthode l’année prochaine », exprimant ainsi un certain optimisme quant à l’expérimentation. Les syndicats, tout en accueillant cette initiative avec un enthousiasme mêlé d’une dose de scepticisme, souhaitent pouvoir identifier de réels bénéfices. « Nous espérons que cette expérimentation conduira à des pistes fructueuses », a déclaré Julien Fournié, secrétaire national du SE-Unsa.
Cependant, des questions subsistent : « Que souhaitons-nous pour notre système éducatif ? », questionne Laetitia Aresu, secrétaire nationale de la CFDT Éducation, soulignant l’importance d’alléger les effectifs scolaires. De son côté, Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, a jugé l’initiative « intéressante », mais a également exprimé ses inquiétudes quant à deux volets : « le risque d’une contrainte budgétaire trop forte face aux besoins locaux » et « la possibilité d’une perte de la dimension nationale de notre politique éducative ».







