Une cinquantaine d'éleveurs issus de la FDSEA (Fédération Départementale des Syndicats d'Exploitants Agricoles) des Pyrénées-Atlantiques ont décidé de boycotter la réunion du "Groupe Ours et Pastoralisme" qui s'est tenue ce mardi à Oloron Sainte-Marie. Réunis devant les grilles de la sous-préfecture, ces éleveurs ont exprimé leur désaccord sans banderole ni tracteurs, mais avec une demande claire d'éradication de l'ours.
Jean-François Lacazette, éleveur transhumant et vice-président de la FDSEA64, a déclaré : "La cohabitation n'a jamais fonctionné dans le passé, et cela ne peut pas changer aujourd'hui." Selon lui, la réunion avait pour but de renforcer la présence de l'ours dans les zones d'élevage, alors que les producteurs demeurent fermement opposés.
Pas de cohabitation possible
L'événement visait à décliner un plan destiné à maintenir l'ours sur le territoire, ce que les éleveurs jugent inacceptable. Lacazette a affirmé : "Nous avons toujours été pour l'éradication ou le retrait de l'ours des zones où se pratique l'élevage."
Les éleveurs sont inquiets de voir leur situation se dégrader, semblable aux difficultés rencontrées par leurs voisins ariégeois. "Le département des Pyrénées-Atlantiques représente à lui seul la moitié de l'activité pastorale du massif pyrénéen. Nous sommes 2200 éleveurs avec 295 000 bêtes sur 150 000 hectares," précise Lacazette.
En 2018, lorsque l'État a décidé de réintroduire l'ours dans la région, la FDSEA avait averti qu'aucune cohabitation n'était envisageable. "L'État a agi sans concertation, lâchant deux ourses qui se sont reproduites. Et aujourd'hui, nous faisons face à un nombre croissant de problèmes," constate-t-il. Des éleveurs ont même été contraints de quitter leurs estives prématurément.
Actuellement, plus d'une centaine d'ours vivent dans les Pyrénées. Selon l'Office Français de la Biodiversité (OFB), il y a eu 289 attaques d'ours sur le cheptel domestique, entraînant la perte de 510 animaux d'élevage. Source : OFB







