Ce lundi 27 avril, l'UFAP UNSA Justice a lancé un appel à une mobilisation nationale dans les prisons françaises. En Charente-Maritime, les quatre établissements pénitentiaires, à savoir Saint-Martin-de-Ré, Rochefort, Saintes et Bedenac, seront bloqués par les agents dès 6h30, avec des barrages devant leurs portes. La prison de Bedenac connaîtra même un débrayage complet. Alors que près de 88 000 détenus occupent des établissements qui ne peuvent en accueillir que 62 000, les agents pénitentiaires expriment un profond mécontentement face à la situation.
Christophe Poirel, secrétaire régional adjoint de l'UFAP UNSA Justice à la prison de Saint-Martin-de-Ré, a déclaré : “La montée de la violence et de la surpopulation est préoccupante. Par exemple, à Rochefort, avec 52 places, nous avons en moyenne 125 détenus. Les cellules sont souvent surchargées, avec 3 à 4 détenus par unité, des conditions de détention indignes qui compliquent notre travail quotidien.”
Les conditions de travail et familiales, elles sont catastrophiques
Outre la surpopulation, les établissements pénitentiaires doivent faire face à un nombre croissant de postes vacants, qui atteint 5 000 au niveau national et 300 en Nouvelle-Aquitaine. Cette situation empire les conditions de travail des agents, défiant l'équilibre personnel et familial de nombreux professionnels. Selon Poirel, “les agents ne réalisent pas des semaines de 35 heures. Ils effectuent souvent 80 à 100 heures supplémentaires chaque mois, souvent en travaillant les week-ends, jour et nuit.”
Cette mobilisation vise à provoquer une réaction du ministère de l'Intérieur, demandant des investissements supplémentaires et des recrutements. “Il est vital de recruter de nouveaux agents. Beaucoup considèrent notre métier comme peu attrayant, et sans budget, aucun recrutement n'est possible. De ce fait, nos prisons continuent à se dégrader lentement,” a conclu Christophe Poirel, prêt à se mobiliser à la prison de Saint-Martin-de-Ré.







