La commune de Cambremer, située dans le pays d'Auge, fait face à un défi : la possibilité de dissolution de son comité des fêtes, un pilier local depuis 1947. La situation reste préoccupante, car aucun candidat ne s'est manifesté pour reprendre le flambeau. Pendant ce temps, les habitants de Perrières pourront peut-être bientôt profiter de leur propre épicerie grâce à un projet innovant annoncé lors d'une réunion publique le 5 mai dernier.
Les résidents n'auront plus à parcourir vingt minutes en voiture pour se procurer du pain. Une épicerie participative devrait ouvrir ses portes en septembre. Le projet, soutenu par la municipalité, vise à mobiliser les habitants pour co-gérer ce petit commerce qui, selon les espoirs du maire, pourrait être le point de départ d'une nouvelle dynamique dans le village.
Créer du lien
Danielle, une ancienne maire de Perrières, se réjouit de cette initiative. Elle évoque nostalgie et potentiel : "Il y avait un temps où le village battait son plein, avec boulangeries et bistrots. Aujourd'hui, il n'en reste rien. Une épicerie pourrait vraiment redynamiser notre quotidien et nous éviter de prendre la voiture pour faire de simples courses."
Marie-Line, résidente depuis 2008, partage cet avis. Elle souhaiterait s'impliquer dans la gestion de l'épicerie, soulignant l'importance de l'initiative pour reconnecter les habitants : "Cette épicerie peut tisser des liens. Nous avons vu des voisins s'éloigner ; il est temps d'inverser cette tendance."
Des produits locaux
Le concept de l'épicerie participative a mûri dans l'esprit du nouveau maire, Gaël Lefoyer. Située à côté de la mairie, l'épicerie sera gérée par des bénévoles locaux. Si le projet fait ses preuves, il pourrait s'élargir pour inclure davantage de produits : "Nous commencerons avec l'essentiel : pain, légumes frais, et pourquoi pas un petit café ?" L'approvisionnement en fruits et légumes proviendra de producteurs locaux, tandis que les articles manufacturés seront achetés auprès de la grande distribution.
Suite à la réunion de présentation, de nombreux habitants ont manifesté leur volonté de s'engager. L'association Bouge ton CoQ, qui accompagne ce projet, offre un cadre structuré et méthodologique. Mathilde Debeugny, représentant l'association en Normandie, s'est montrée optimiste : "Il y aura d'abord un premier groupe de bénévoles pour mettre en place le magasin, ensuite un second groupe pour gérer les heures d'ouverture."
Avec l'appui de la communauté, l'ouverture de l'épicerie pourrait survenir dès septembre 2026, un objectif jugé réalisable par l'association.







