Ce lundi 4 mai, un terrain privé à Saint-Pierre-en-Faucigny a vu le départ des 120 caravanes installées par des personnes en quête de soutien. Cependant, le climat dans la commune restait tendu, notamment en raison de l'histoire tragique des parents de nourrissons disparus à l'hôpital de Chambéry.
Il y a treize ans, Théo, Milie et Chloé ont perdu la vie à l'hôpital, emportés par des poches de nutrition contaminées par une bactérie. Une enquête pour homicides involontaires a rapidement été ouverte, visant Jean-Luc Marette, le propriétaire du laboratoire qui a fourni ces poches.
Comme le rapporte Le Dauphiné Libéré, l'affaire, confiée à un juge d'instruction du pôle santé du tribunal judiciaire de Marseille, est restée sans suite depuis la clôture de l’enquête. Les parents, désespérés, n'ont toujours pas de date de procès à l'horizon, et leur attente devient insupportable.
Une douleur amplifiée par le silence de la justice
Stéphanie, la mère de Milie, partage son désarroi : "On n'a pas de réponse à nos questions. J'ai relancé le tribunal sans succès.” Les familles sont en proie à la colère et à la frustration, se sentant laissées pour compte.
Bien qu'un recours de l'avocat de Jean-Luc Marette ait été rejeté par la cour d'appel d'Aix-en-Provence, ce dernier a introduit un pourvoi en cassation, repoussant encore l'éventualité d’un procès. "La justice semble ne pas être de notre côté," déclare Stéphanie, dont la peine est à la fois palpable et déchirante.
Dans un contraste saisissant, l'avocate représentant les familles souligne le fait que d'autres affaires, notamment celles impliquant des personnalités politiques, avancent rapidement, tandis que les parents de ces bébés endurent une attente prolongée. "D'autres dossiers sont jugés très rapidement, alors que ces familles attendent depuis 13 ans," constate-t-elle.
Alors que le pôle santé du tribunal n’a pas encore répondu à nos sollicitations, il est clair que l’issue de cette tragédie reste suspendue dans le temps.







