Ce vendredi, la France célèbre la fin de la Seconde Guerre mondiale. À Montravers et Cerizay, dans les Deux-Sèvres, cette date rappelle des tragédies survenues le 25 août 1944. Le jour même de la libération de Paris, des exactions brutales ont été commises par les troupes nazies dans la région, marquant un tournant dramatique dans l'histoire locale.
A l'occasion du 81ème anniversaire de l'armistice, ICI Poitou met en lumière un épisode méconnu de cette période. La mémoire des événements tragiques de fin août 1944 reste vive à Montravers et Cerizay. Ce secteur, perçu par les Allemands comme un bastion de résistance, a été le théâtre de violences insoutenables entraînant la mort de quatorze personnes, parmi lesquelles douze civils.
Claude Marchais, habitant d'un lieu-dit voisin, raconte l'escarmouche qui a eu lieu : "Un groupe de résistants de Fontenay-Le-Comte, en quête d'armement, croise une patrouille allemande. Ils subissent une fusillade tragique." En représailles, les nazis prennent en otage une quinzaine de villageois, exécutant quatre d'entre eux en fin de journée. "Les résistants se trouvaient au mauvais endroit au mauvais moment," se souvient Marchais.
À Cerizay, le survol aérien provoque le bombardement de la ville, cibler principale de ce réseau de résistants. "Ils dédiécent deux canons au-dessus de l'actuel cimetière," explique un témoin, "et tirent des dizaines de projectiles sur la ville après que les habitants aient été évacués." Ce bombardement ravage 172 maisons, touchant plus de 700 habitants et faisant également des victimes lors des jours précédents. Au total, le désastre coûtera la vie à 14 personnes, dont 12 civils.
La nécessité de se souvenir
Pour les cohortes de l'époque, ces événements laissent un traumatisme indélébile. André Brémaud, âgé de 91 ans, évoque sa perte familière, ayant été orphelin de guerre suite au décès de son père, lui-même tombé malade pendant le conflit. C'est en 1979 qu'il co-fonde le comité du souvenir du 25 août 1944, instituant des commémorations annuelles qui se déroulent à Montravers puis à Cerizay.
Aujourd'hui, les cérémonies du 8-Mai sont devenues un moyen essentiel de maintenir vivantes ces mémoires dans les deux villes et au-delà. Guy-Marie Lenne, historien local, partage son inquiétude : "Le temps passe et les nouvelles générations sont moins sensibilisées aux événements d'il y a 80 ans. D'où l'importance des commémorations pour rappeler ces tragédies."
Ce vendredi, une cérémonie se déroulera à Cerizay, débutant à 11h, où les participants défileront de la place Saint-Pierre au monument aux Morts, situé place Jean-Monnet.







