Lors de la signature d'un protocole de financement avec les collectivités locales, ce 7 mai à Toulouse, le Premier ministre Sébastien Lecornu a évoqué un projet qu'il juge "irréversible". Cependant, il est resté flou concernant les détails du montage financier et le calendrier des appels d'offres, prévus d'ici la fin de l'année.
Pour Philippe Tabarot, ministre des Transports, cette signature symbolise l'engagement du gouvernement en faveur du train et la volonté de faire de la France un pays de grands projets. Jean Castex, ancien Premier ministre et PDG de la SNCF, abonde dans ce sens et souligne la mobilisation collective des différents acteurs. Les collectivités locales, qui financent le projet à hauteur de 40 %, attendent des engagements clairs de l'État, craignant un désengagement face à des finances publiques tendues.
« Il faut que l’administration suive dans les semaines qui viennent »
Sebastien Lecornu a confirmé un financement de 410 millions d’euros pour 2026-2027 et la promesse de lancer les appels d’offres, mais il a laissé le choix entre un financement public et un partenariat public-privé à son ministre des Transports. Cette ambivalence inquiète les élus locaux. Le président de Haute-Garonne, Sébastien Vincini, a insisté pour que l’administration prenne des mesures rapidement.
Pour sa part, le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, a rappelé que le projet a été promis à la ville depuis 1991, tout en évoquant l'aménagement en cours au nord de Toulouse. Carole Delga, présidente de la région Occitanie, a exprimé une position forte, affirmant l'impossibilité de développer l'offre de trains quotidiens sans la LGV, tout en insistant sur le besoin d'équité pour une région isolée.
À l'issue de la réunion, Carole Delga a semblé plus sereine, soulignant qu'elle se sentirait sécurisée une fois l'appel d'offres lancé. Toutefois, les inquiétudes demeurent. Jean Olivier, coprésident des Amis de la Terre Midi-Pyrénées et critique du projet, a dénoncé un engagement non financé et un non-respect des standards environnementaux. Selon lui, la récente signature n'est qu'un "protocole d'intention" : "Il vient dire qu’il s’engage à chercher de l’argent et faire poireauter tout le monde jusqu’à la présidentielle…"







