Les autorités françaises se lancent dans une initiative audacieuse pour contrer l'expansion des fourmis électriques, une espèce envahissante d'Amérique du Sud, dans la ville de Toulon, reconnue pour son impact néfaste sur la biodiversité. Ce traitement, présenté par la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, consiste en une dispersion de granulés biocides, une première en Europe.
Développé pour combattre efficacement cette espèce, le produit nommé « Campaign » a été appliqué sur une surface d'environ 100 m², là où ces insectes ont été repérés pour la première fois en France en 2022. "Nous avons choisi ce format de dispersion car le recours aux boîtiers précédemment utilisés avait montré une efficacité limitée," explique Olivier Blight, expert en myrmécologie à l'Université d'Avignon. Ce mode d'application est déjà en vigueur en Australie, où il a aidé à maîtriser la situation.
Une espèce venue d’Amérique du Sud
La fourmi électrique (Wasmannia auropunctata), mesurant environ un millimètre, figure parmi les 100 espèces invasives les plus préoccupantes selon l'INRAE. Sa piqûre, extrêmement douloureuse, peut causer des réactions sévères chez certaines personnes et la cécité chez des animaux de compagnie. En outre, elle représente un danger pour l'écosystème local, chassant les fourmis indigènes et favorisant la prolifération de cochenilles et de pucerons nuisibles.
Depuis leur première découverte à Toulon, d'autres colonies ont été identifiées à La Croix-Valmer et à Cavalaire-sur-Mer. Les experts estiment que la zone infestée est encore limitée, ce qui laisse entrevoir une possibilité d'éradication complète. « La situation est tendance à être maîtrisée, donc c'est notre objectif », a assuré Olivier Blight à la ministre. Cette approche se différencie de celle adoptée pour les frelons asiatiques, où les leçons ont été tirées pour avancer.
L’importation de plantes en question
Les spécialistes se montrent néanmoins préoccupés par les voies d'importation de ces fourmis, souvent mises en lien avec les plantes d’ornement importées, soulignant l'absence de vérifications adéquates au sein de la filière horticole. Monique Barbut a annoncé la mise en place d'un comité interministériel consacré à ce problème, avec à la clé des discussions prévues avec le ministère des Finances en charge des douanes.
Notre dossier sur les insectesLes autorités varoises ont aussi lancé une application nommée Vigi-sud, permettant aux citoyens de signaler la présence de fourmis électriques dans leur environnement.







