Une situation inquiétante se profile à Saint-Martin-d'Hères dans l'Isère : près de 10 000 patients pourraient se retrouver sans médecin traitant. Le tribunal judiciaire de Grenoble doit rendre son verdict ce jeudi 28 mai concernant la liquidation du centre de santé l'Etoile, situé dans le quartier de Renaudie, en redressement judiciaire et qui emploie 15 médecins.
Pour faire entendre leur voix, Moktar Benaïssa, un habitant du quartier, a lancé une pétition qui a déjà récolté plus de 2 000 signatures. "Nous disons non à la fermeture du centre de santé l'Etoile", déclare-t-il. Proche des réalités des patients, il souligne l'urgence d'agir avant que la décision ne soit prise par la justice.
Les témoignages des résidents sont alarmants. Nawel, une habitante, confie : "Si le centre ferme, je ne sais vraiment pas comment je vais faire; ma famille est suivie ici." Son voisin, Mohamed, affronte le même désarroi et évoque ses difficultés à trouver un nouveau médecin.
Un centre en difficulté mais des solutions envisagées
Le président du centre, Paul Saou, lui-même médecin et conseiller municipal d'opposition, reconnaît des erreurs de gestion. Selon ses dires, le problème réside principalement dans la masse salariale. Bien qu'il ait tenté de trouver des solutions pour réduire les coûts, la situation financière du centre s'est dégradée, avec une dette frôlant les 500 000 euros.
"Je souhaite continuer cette aventure en recréant un centre de santé au même emplacement, avec des bases plus solides", affirme le docteur Saou. De son côté, le maire de Saint-Martin-d'Hères, David Queiros, a choisi de rester discret avant le jugement, mais a récemment dénoncé des "mensonges" concernant la gestion du centre.
Le rôle crucial du centre dans le quartier
Les patients ne sont pas les seuls concernés : le centre de santé l'Etoile joue un rôle essentiel dans l'écosystème du secteur. Sophie Chapot, pharmacienne, souligne que sa disparition entraînerait des conséquences néfastes pour la sécurité du quartier. Faouzi, un coiffeur local, craint que le vide créé par la fermeture n'attise le trafic et les problèmes de sécurité.
Le tribunal a plusieurs options : liquider immédiatement, accorder un délai ou prolonger la période d'observation. Quelles que soient les décisions prises, ils doivent considérer le bien-être des patients et l’avenir d’un quartier déjà en difficulté.
Le verdict du tribunal, prévu pour ce jeudi 28 mai, sera décisif pour l'avenir de ces 10 000 patients, maintenant en attente d'une réponse.







