“Record de chaleur”. “Canicule précoce”. Des termes que nous avions l'habitude d'entendre pour des régions éloignées comme l'Inde ou l'Australie. Pourtant, le dernier rapport sur le climat en Europe, publié fin avril, a révélé des inquiétantes données : la région se réchauffe à un rythme deux fois supérieur à celui du reste du monde. “Qui aurait pu prédire” – comme le soulignait récemment Emmanuel Macron – que ces mots résonneraient aussi tôt pour le Vieux Continent ?
Le 26 mai, le thermomètre a atteint 35,1°C au célèbre Kew Gardens à Londres, un record pour un mois de mai. La veille, il avait déjà atteint 34,8°C, dépassant de 2°C l'ancien record de 1944. D'après la BBC, “ces records de températures ne sont pas seulement battus mais sont pulvérisés”. Fait remarquable, cette vague de chaleur a émergé juste après un rapport gouvernemental avertissant que le Royaume-Uni était “conçu pour un climat qui n'existe plus”.
L’Allemagne, le Portugal et l’Italie subissent, eux aussi, cette intense chaleur. En Espagne, les nuits sont désormais “tropicales”, comme l'indique El País, avec des températures nocturnes ne descendant pas en dessous de 20°C. En France, ce phénomène a pris de court de nombreux citoyens, les sauvetages sur les plages n'ayant même pas encore commencé, pointe Inside Climate News.
“Cela fait 33 ans que je suis climatologue, et ce que nous voyons aujourd'hui est exactement ce contre quoi nous avions mis en garde,” confie à BBC News Richard Betts, chercheur au Met Office. “Ces records sont encore plus extrêmes et surviennent plus tôt que ce que nous avions anticipé.”
Pour Lindy Brand-Daloze, Australienne vivant à Londres, la réalité est inéluctable : “Il fait chaud, mais c'est le changement climatique, n'est-ce pas ? Il va falloir qu'on s'y habitue.” Mais s’habituer est une chose. Se préparer pour éviter des pertes humaines, en est une autre. Le premier ministre français a réuni son cabinet pour évaluer les préparatifs de l'État face à cette crise.
“Nous ne pouvons pas changer ce qui va arriver, mais il reste beaucoup à faire pour atténuer ses impacts,” souligne Bill McGuire, professeur à l’University College de Londres, dans The Guardian. Il plaide pour une meilleure isolation des logements pour en faire des refuges, plutôt que des pièges mortels.
Les solutions doivent être explorées sérieusement, surtout alors que, conformément à notre dernière publication, il est urgent de réévaluer notre relation avec un climat de plus en plus capricieux.







