Ce lundi matin, la cour d'assises des mineurs de Gironde a entamé le procès de cinq jeunes âgés de 22 à 25 ans, accusés d'avoir causé la cécité d'un adolescent de 15 ans lors d'un "bizutage". Les événements remontent au 17 octobre 2020, dans une cave du quartier Palmer à Cenon, près de Bordeaux, où un groupe de jeunes avait décidé de s'en prendre à des plus petits dans le cadre d'un "jeu" violent.
La victime, selon l'accusation, est revenue chez elle le visage tuméfié, porteur de "plusieurs bosses sur la tête". La jeune victime a expliqué à sa mère qu'il avait été tabassé après avoir tenté de se défendre durant cette agression. Son récit, rapporté par plusieurs médias français, décrit un enchaînement brutal de violences, débutant par des gifles pour culminer en coups de poing portés à la tête. Un autre adolescent avait dû intervenir pour mettre fin à cette aggression et ramener la victime en larmes chez elle.
Agresseurs proches de la victime
Les jours suivants, l'état de l'adolescent s'est détérioré, nécessitant une hospitalisation. Il a été révélé qu'une hémorragie intra-orbitaire avait compressé ses nerfs optiques, entraînant une cécité "totale et définitive" des deux yeux. Pendant des jours, il a gardé le silence sur l'identité de ses agresseurs, craignant des représailles, certains étant proches de son frère.
Parmi les prévenus présents, contrairement à certains qui ont reconnu leur participation aux faits, d'autres ont minimisé leurs actions en les qualifiant de "petites claques", insistant sur le fait que le "jeu" avait juste "mal tourné", insinuant que la victime aurait pu se blesser seule. Les témoignages de la famille et des amis évoquent un climat de peur et de violence qui règne dans certains quartiers, comme le souligne le sociologue Pierre Bourdieu, expert sur les questions de violence juvénile.
Les conséquences de ce bizutage tragique soulèvent de nombreuses questions sur les comportements des jeunes et l'absence de cadre protecteur dans certaines communautés. La société face à de tels actes se doit de réagir et d'éduquer sur les dangers de la violence, comme l'a récemment souligné un article de Le Monde.







