À l'approche des élections législatives du 7 juin, Vladimir Poutine et Alexandre Loukachenko ont lancé des mises en garde à l'égard d'Erevan concernant un rapprochement avec l'Union européenne. Les deux dirigeants évoquent le conflit ukrainien pour inciter le pays à ne pas s'éloigner de l'Union économique eurasiatique.
“J'en ai déjà parlé. La crise en Ukraine a commencé par des tentatives d'adhésion à l'Union européenne. Nous n'y étions pas opposés.”, déclarait Poutine, comme rapporté par The Moscow Times. À l'issue du sommet de l'Union économique eurasiatique à Astana, il a de nouveau établi un lien entre l'Arménie et l'Ukraine. Bien que l'Arménie n'ait pas encore soumis de demande d'adhésion à l'UE, ses aspirations européennes suffisent à Moscou pour faire planer des menaces. Cette organisation douanière permet à l'Arménie de bénéficier de divers avantages économiques.
La BBC souligne notamment que quitter cette union pourrait coûter à l'Arménie jusqu'à 14 % de son PIB, surtout en cas d'augmentation des prix du gaz. Les avertissements de Poutine n'ont pas manqué de soulever des inquiétudes au sein de la classe politique arménienne.
“Il ne faut pas pousser les choses à l’extrême ni suivre la voie de l’Ukraine”, expliquait déjà Poutine le 10 mai, comme l’a rappelé Komsomolskaïa Pravda. Le président russe a mis en garde contre les conséquences néfastes de tels choix.
Deux jours après, Loukachenko a renforcé cette mise en garde, conseillant aux Arméniens de faire preuve de prudence pour éviter les erreurs historiques du passé. “Les Arméniens sortent à peine d’une guerre, il ne faudrait pas qu’ils se retrouvent dans une situation critique à cause de cela”, a t-il affirmé, selon des informations relayées par l’agence biélorusse Belta.
Le prix de la rupture
À seulement six jours du scrutin qui pourrait changer le destin de l'Arménie, Moscou exige d'Erevan un choix stratégique : Russie ou Occident. Dans ce contexte tendu, le Premier ministre Nikol Pachinian cherche à apaiser les tensions, en insistant sur l'importance des relations avec Moscou, même en évoquant une phase de “transformation positive”.
Dans le même temps, il estime qu'une demande d'adhésion à l'UE est “illogique” tant que le pays n'a pas fait de démarches officielles, comme l’a rapporté Armenpress.
En sus de ces références à l'Ukraine, Moscou met en avant les conséquences d'une rupture. Ainsi, le média arménien indépendant Armenia Today a observé des restrictions sur plusieurs produits exportés d'Arménie, tels que les fleurs et les boissons alcoolisées. Le vice-Premier ministre russe a averti qu'une adhésion à l'UE pourrait entraîner une hausse des prix du gaz et de l'électricité, incitant ainsi Erevan à réfléchir sérieusement avant de prendre une décision.







