Une étude récente de la Drees, publiée le lundi 1er juin, met en lumière l’augmentation significative des délais d'attente aux urgences en France. Le temps médian pour un patient est passé de 2 heures 15 à 3 heures 10 en dix ans, avec des cas extrêmes atteignant jusqu'à 17 heures 30 pour ceux nécessitant une surveillance prolongée.
D'après l'enquête de la Drees, même des cas simples, où un seul examen est effectué, montrent un allongement des délais. En 2023, la durée médiane entre l'enregistrement d'un patient et sa sortie atteint trois heures 10, un délai en nette augmentation par rapport aux 2 heures 15 en 2013. Près d'un patient sur cinq ne requiert qu'une consultation unique, avec une sortie en moyenne de 1 heure 35, soit 20 minutes de plus qu'il y a dix ans.
Pour les patients ayant nécessité des soins avec des examens techniques comme la radiographie ou le scanner, la durée médiane est de 3 heures 55, ce qui représente 1 heure 15 de plus par rapport à 2013. Les personnes devant être hospitalisées, représentant environ un patient sur six, réclament une durée encore plus étendue, avec une attente dépassant 6 heures 30 pour la moitié d'entre eux, soit une augmentation de 1 heure 45 depuis 2013.
Au total, 9 % des patients sont orientés vers des unités d’hospitalisation de courte durée (UHCD) aux urgences, où la durée médiane d'attente grimpe à 17 heures 30, un bond de 2 heures 40 depuis 2013. L'analyse montre également que la fréquentation des établissements a un impact direct sur les temps d'attente; ainsi, un établissement traitant moins de 40 patients par jour peut offrir des délais d'attente plus courts comparés à ceux surchargés avec plus de 120 passages journaliers.
Une photographie nationale des urgences
En parallèle, une seconde étude de la Drees a examiné le temps d'attente avant la première évaluation des patients, ce qui permet d'établir le tri en fonction de la gravité. Pour la moitié des malades, ce délai reste inférieur à 8 minutes, mais il peut atteindre plus de 30 minutes pour un patient sur dix.
Les résultats de cette étude, menée tous les deux ans, se basent sur des données collectées sur l’ensemble des services d’urgences générales et pédiatriques en France, sans inclure Mayotte. Cette enquête a été réalisée de manière conjointe avec les syndicats d’urgentistes, comme le SUDF et l'Amuf, afin d’obtenir une vue d’ensemble des défis rencontrés par le système de santé français.







