Alors que le corps, présumé celui de Lyhanna, une collégienne disparue à l'âge de 11 ans, a été retrouvé au Gers, le président Emmanuel Macron s'est exprimé sur les dysfonctionnements inacceptables observés dans cette affaire. Une réunion cruciale a été convoquée à Matignon pour faire état des mesures à prendre.
"Il est indéniable qu'un dysfonctionnement a eu lieu, et je refuse d'accepter qu'on justifie cela par des moyens manquants", a affirmé Macron, en marge de son déplacement au sommet UE-Balkans. Il a également ordonné la mise en place d enquêtes administratives rapides pour déterminer les responsabilités à différents niveaux.
Réunis en session extraordinaire, le Premier ministre Sébastien Lecornu et plusieurs ministres, dont Laurent Nuñez (Intérieur) et Gérald Darmanin (Justice), doivent faire le point sur les potentielles lacunes ayant conduit au silence autour des plaintes pour violences sexuelles visant le principal suspect, Jérôme B., âgé de 41 ans.
Le Garde des Sceaux a prévu d'appeler tous les procureurs généraux à se rassembler, habilement formulé dans son discours au JT de TF1, pour discuter de l'affaire. À ce sujet, le ministère de la Justice a déjà engagé une enquête administrative pour examiner les plaintes antérieures concernant le suspect.
Le procureur d'Agen, Olivier Naboulet, a précisé que le corps d'un enfant, identifié par des vêtements similaires à ceux portés par Lyhanna, avait été découvert dans une zone éloignée près de Puycasquier. L'autopsie, prévue prochainement, visera à confirmer l'identité et à déterminer les causes du décès, incluant des potentielles violences sexuelles.
Le suspect, qui connaissait personnellement la jeune fille, a été mis en examen pour enlèvement et séquestration. Son passé judiciaire est inquiétant, avec plusieurs plaintes pour viol sur mineure déjà signalées en 2022 et 2025, dont une a été classée et l'autre est toujours en cours, selon Clémence Meyer, procureure de la République d'Auch.
La situation a suscité des réactions vives sur la scène politique, avec le député du Gers David Taupiac signalant des problèmes structurels dans le tribunal d'Auch, où les manques de magistrats et de greffiers sont désastreux. "Cela a perturbé sérieusement le bon fonctionnement de la justice", a-t-il indiqué.
En attendant les résultats de l'autopsie, plusieurs figures politiques, potentiels candidats à la présidence, en profitent pour critiquer le système judiciaire. Jordan Bardella du Rassemblement National a mentionné la "grave défaillance" de l'État, tandis que Bruno Retailleau, des Républicains, a plaidé pour une réforme judiciaire en profondeur.
Des revendications pour un meilleur traitement des violences faites aux enfants résonnent, avec des appels à une accélération des procédures judiciaires et à une identification claire des responsabilités. Édouard Philippe, ancien Premier ministre et candidat, a affirmé l’urgence d’établir un principe de précaution concernant les violences faites aux plus jeunes.
Les négligences évoquées par des intervenants comme Eric Mouzin, père d'Estelle, illustrent un climat de scepticisme face à la réactivité du gouvernement face à de telles tragédies. "Il est surréaliste que les ministres semblent à peine réaliser qu'il s'agit d'un problème persistant", a-t-il déclaré sur RTL.
Le coordinateur de LFI, Manuel Bompard, a ajouté qu'il était crucial de fournir les moyens nécessaires aux enquêteurs pour faire face à ce type de situation, plaidant pour une meilleure allocation de ressources plutôt que pour des coupes budgétaires.







