TRIBUNE. La défense nationale, compétence des États, se heurte aux ambitions de l'Union européenne à travers le paquet « mobilité militaire ». Julien Limongi, député RN, met en lumière cette dynamique inquiétante.
Le général de Gaulle affirmait que « une politique de défense est nationale ou elle n'est pas ». Ce principe est plus pertinent que jamais. Depuis quelques mois, la Commission européenne intensifie ses démarches dans le secteur de la mobilité militaire. En prétendant simplifier les procédures administratives, Bruxelles vise essentiellement à étendre son pouvoir sur un aspect crucial de la souveraineté nationale : le déploiement militaire.
Il est indéniable que fluidifier certaines procédures serait bénéfique pour les États européens. Cependant, derrière ces objectifs se cache une ambition plus vaste : faire de la mobilité militaire un champ d'intervention pour la Commission européenne. Cette évolution doit être critiquée avec fermeté.
Une défense qui doit rester nationale
La défense est intrinsèquement liée aux capacités militaires des nations. Les États sont responsables de leurs armées, de leur financement et des décisions d'engagement. Pourtant, l'initiative de la Commission européenne va au-delà d'une simple simplification.
Le plan inclut des mesures visant à harmoniser les règles de circulation militaire, à établir des mécanismes de solidarité et à renforcer la coordination entre États membres. Bien que cela puisse sembler technique, il s'agit souvent d'un moyen de transférer des compétences à Bruxelles.
Un point crucial concerne la création du Groupe Transport Mobilité Militaire européen. Qui sera vraiment aux commandes de la coordination de la mobilité militaire en Europe, les États ou la Commission ? C'est parce que ce problème est essentiel que j'ai proposé, dans le rapport que j'ai remis à la commission de la Défense, que cette gouvernance reste sous la responsabilité des États.
Les disparités d'infrastructures en outre-mer
La France, en tant que puissance mondiale, doit faire face à des défis stratégiques uniques. Sa capacité à projeter des forces doit s'étendre au-delà du continent. Les défis logistiques sont particulièrement criants dans les territoires ultramarins, comme Mayotte ou la Nouvelle-Calédonie. Les infrastructures actuelles sont insuffisantes.
La priorité devrait se porter sur le renforcement des capacités de transport, la modernisation des infrastructures et le développement de hubs stratégiques dans l'Indo-Pacifique. Les réglementations européennes ne sauraient remplacer la nécessité de solutions concrètes sur le terrain.
Un appel à la souveraineté nationale
La situation actuelle, où la France pourrait être amenée à financer des infrastructures dans des États négligeant leur défense, n'est ni juste ni stratégique. Une coopération volontaire et respectueuse entre nations est nécessaire, mais il doit y avoir une limite claire : pas de perte de souveraineté au profit de la Commission européenne.
Dans un contexte international de plus en plus instable, la France doit se rappeler que sa mobilité stratégique et les choix militaires doivent rester sous son contrôle. Au final, lors des crises, ce sont les soldats français qui répondront présents, et non les institutions européennes.







