Dans un rapport publié ce jeudi, la Cour des comptes souligne que les centres d’hébergement en région peinent à désengorger l’Île-de-France, mettant en lumière un dispositif sous-exploité et caractérisé par des inégalités notables entre les différents territoires.
Selon le rapport, le transfert des personnes migrantes vers des centres d’hébergement situés en région apparaît comme un « levier efficace », mais reste « insuffisamment » utilisé, entraînant des disparités d’accueil significatives. Actuellement, l’Île-de-France concentre plus de 46 % des demandes d’asile, malgré le fait que ses Centres d’accueil et d’examen des situations (CAES) ne représentent que 19 % du total national. Cela signale une situation alarmante : « moins de la moitié des demandeurs d’asile parviennent à trouver un hébergement », ce qui contribue à l’augmentation du nombre de personnes vivant dans la rue, comme l'indique l'AFP.
Un dispositif issu de la loi de 2018
Pour pallier ce dysfonctionnement, la loi immigration votée en 2018 prévoit que les demandeurs d’asile puissent être orientés vers des CAES en régions, sans que l’on communique leur destination à l’avance. Pourtant, près de 40 % d’entre eux refusent cette option, même après la suppression des aides en cas de refus.
En 2024, environ 18 000 orientations ont été réalisées, un chiffre proche de l’objectif initial de 22 000, et ce pour un coût « limité » de 50 millions d’euros, en comparaison avec les 962 millions d’euros alloués à l’ensemble des dépenses liées à l’hébergement des demandeurs d’asile.
Le rapport souligne également que certaines régions n'atteignent pas les cibles d'accueil fixées, tandis que d'autres les dépassent largement. Par exemple, les Pays de la Loire n’ont accueilli que 504 demandeurs d’asile pour un objectif de 2 445, et l’Auvergne-Rhône-Alpes a enregistré seulement 1 988 accueils par rapport à une prévision de 3 681. D'autres régions, comme le Centre-Val-de-Loire, ont réussi à dépasser leurs attentes avec 1 754 personnes accueillies pour une cible de 1 229.
Il est également intéressant de noter que l'opinion publique évolue. Selon un sondage récent commandé par CNews et le JDD, 63 % des Français se disent favorables à une suspension de l'immigration légale durant trois ans, reflétant un désir de durcissement des politiques migratoires dans le pays.







