Ce rapport brosse un tableau inquiétant : des centaines de milliers de plaintes restent inactives dans les tiroirs des forces de police. Les inspections générales de la justice et de la police avaient établi que la surchage de dossiers préoccupait déjà les autorités en 2023, et depuis, la situation ne semble avoir fait qu'empirer.
Les chiffres révélés par Mediapart sont frappants : en 2022, pas moins de 2,7 millions de dossiers anciens attendaient encore d'être traités, auxquels il faut ajouter 3,5 millions de nouvelles procédures enregistrées la même année. Ces données concernent divers types de plaintes, y compris des cas de violence, de cambriolage et d'escroquerie. Plus alarmant encore, les auteurs du rapport ont constaté que certaines de ces affaires impliquaient des agressions sexuelles et des viols n'ayant fait l'objet d'aucune investigation depuis plusieurs années. Des auteurs présumés étaient pourtant parfois déjà identifiés.
Cette situation requiert une attention particulière, surtout à la suite de la tragique affaire de la jeune Lyhanna, un cas qui a suscité une vague d'indignation, mettant en lumière les limites de notre système judiciaire. Un expert en droit pénal a souligné : "Il est impératif que ces affaires soient traitées en priorité pour éviter que d'autres victimes ne souffrent d'une absence de justice." Les conclusions de ce rapport soulèvent donc des questions critiques à propos de l'efficacité et de la réponse des instances judiciaires en matière de violences sexuelles.
Une situation particulièrement alarmante
Le rapport souligne que le traitement des anciens cas de violences sexuelles sur mineurs doit devenir une priorité nationale. De nombreux experts s'accordent à dire que la situation est d'une gravité telle qu'elle empêche l'identification de cas à risque, qui nécessiteraient des interventions urgentes.
Les auteurs de ce rapport ont formulé 17 recommandations, appelant notamment à renforcer les effectifs au sein des services d'investigation ainsi que des parquets et des secrétariats judiciaires. Lorsqu'interrogé par Mediapart, le cabinet de Gérald Darmanin n’a pas souhaité commenter ces révélations.







