Chiens errants, violences, conflits juridiques... La vie quotidienne dans un vaste complexe survivaliste du Dakota du Sud, décrit par The Wall Street Journal, révèle que le rêve de sécurité se transforme souvent en cauchemar pour ses résidents.
Les bunkers de béton, émergeant du paysage vallonné, ressemblent à un village de hobbits en attente d'une apocalypse. Regroupant 575 unités dans un ancien dépôt de munitions près des Black Hills, ce site est présenté comme la “plus grande colonie survivaliste du monde”. Les promoteurs promettent un refuge confortable face à un désastre imminent, qu'il soit nucléaire ou sociétal.
Cependant, la réalité s'avère bien différente pour de nombreux occupants. Au lieu de faire face à une apocalypse, ce sont des conflits de voisinage, semblables à ceux que l'on rencontre dans une copropriété, qui menacent leur tranquillité. Les litiges pour des questions d'assainissement, de taxes foncières, d'incivilités canines, ainsi qu'un règlement variable, s'accumulent et sont déjà montés jusqu'à la cour suprême de l’État.
Pour les résidents, les tensions flambent. Certains se sont même presque battus, tandis que d'autres ont brandi des armes. Le promoteur, de son côté, conteste toute responsabilité, affirmant que les plaintes proviennent d'une minorité.
“Quand autant de gens partagent la même mentalité dans un espace réduit, il y a de fortes chances que ça dégénère,” estime Larry Harter, un habitant d'Edgemont, une petite ville voisine. Rheta Reagan, la maire d'Edgemont, ajoute que la présence du complexe n'est pas toujours positive pour sa communauté.
Le développement d'un confort survivaliste
Derrière ce projet se cache Robert Vicino, un entrepreneur de Los Angeles, qui a eu l'idée de créer cette enclave dans les années 80. Le complexe, baptisé “Vivos xPoint”, accueille une population cherchant à échapper aux menaces actuelles. Les locataires des abris, d'une superficie de 200 m², versent jusqu'à 55 000 dollars (47 000 euros) à titre d'acompte, et peuvent aménager leur bunker selon leurs envies. “Mon but est de faire de xPoint un lieu de refuge pour ceux qui recherchent la sécurité dans ce monde chaotique”, déclare son fils Dante, qui gère l'établissement.
Néanmoins, des problèmes émergent rapidement. Philippe Briggs, un ancien policier, témoigne de ses préoccupations quant au lieu, tout en appréciant les activités comme la pêche ou la randonnée qu'il peut y pratiquer. Cependant, d'autres résidents comme David Streeter se heurtent à des problèmes d'assainissement et à des intimidations potentielles de la part de la direction.
La montée des tensions
Les griefs portent aussi sur des problèmes évidents de réglementation. Daniel Sindorf, par exemple, a dû faire face à l'augmentation des charges mensuelles et à des incidents impliquant des chiens errants. La tendance à recourir aux armes, même pour des situations apparemment banales, est un signal d'alarme qui suscite l'inquiétude. Dans un incident, après une altercation avec un artisan, David Streeter a même brandi son arme, ce qui lui a valu des complications légales mais finalement a été jugé en sa faveur par un grand jury.
Avec plus de cent locataires partant en guerre contre la direction pour faire valoir leurs droits, les perspectives à long terme du complexe apparaissent incertaines. Les tensions monteront-elles encore d'un cran ou parviendront-elles à trouver un terrain d'entente ? Seul l'avenir nous le dira.
Chris Yellow Thunder, un voisin ami de David, conclut : “Cela aurait pu être un havre de paix, mais les conflits ont tout gâché.”








