L'affaire qui attire l'attention ne repose pas simplement sur un tragique décès, mais sur la dérive d'un concept de divertissement. Les streamers Owen Cenazandotti, connu sous le nom de Naruto, et Safine Hamadi ont comparu lundi devant le tribunal correctionnel de Nice pour répondre à des charges relatives à des violences en réunion et abus de faiblesse, dans le cadre de leur chaîne où Jean Pormanove, alias JP, est décédé en direct l'été dernier.
Le procès ne s'attaque pas directement à la manière dont Jean Pormanove, âgé de 46 ans, a perdu la vie. L'autopsie a déterminé qu'aucune intervention extérieure n'était en cause, et l'enquête à ce sujet a été classée sans suite. Cependant, l'avocate de Lionel, frère de JP, a plaidé pour que le contexte de la mort soit pris en compte, demandant un renvoi devant une cour d'assises, mais sa requête a été refusée.
Owen et Safine, âgés respectivement de 27 et 24 ans, se sont retrouvés au cœur d'une polémique sur les limites du divertissement en ligne. Ils sont accusés d'avoir infligé des humiliations et des violences à JP et Stéphane, surnommé Coudoux, dans un cadre qui a d'abord semblé être une simple expérience de divertissement. Leur concept reposait sur la mise en scène des colères de JP, qui captivait ainsi une audience grandissante.
De 2023 à 2025, Naruto a animé des directs quasi quotidiens à partir d'un studio proche de Nice, sur Twitch puis sur Kick, attirant jusqu'à 20 000 spectateurs. Malheureusement, malgré l'absence de coopérations des plateformes pour fournir toutes les vidéos, plusieurs témoignages décrivent des scènes troublantes, de la violence physique à des provocations verbales.
Lors du procès, Naruto a décrit ces livestreams comme une forme de spectacle, affirmant que le but était de provoquer des réactions. Il a insisté sur le fait que JP était heureux et qu'aucune violence sérieuse ne serait infligée, affirmant : "Après trois ans de live, il n'a jamais été à l'hôpital. Ce n'était pas notre intérêt de lui faire du mal." Cependant, son associé Safine a reconnu un malaise face à cette dynamique, avouant avoir du mal à quitter un projet qui rémunérait bien malgré ses réserves morales.
Les conséquences tragiques de cette saga se sont intensifiées avec la mort de JP, qui a été retrouvée dans un cadre alarmant alors qu’il était en direct, mettant en lumière les dérives d'un milieu sans véritable régulation. Parallèlement à ces événements à Nice, une enquête est également en cours à Paris pour examiner le rôle de Kick, une plateforme soupçonnée d'avoir collaboré à la monétisation de telles abus.







