Les créateurs de contenu « Safine » et « Naruto », associés à la chaîne JeanPormanove, comparaissent ce lundi 6 juillet devant le tribunal correctionnel de Nice. Ils sont accusés de « violences en réunion », « abus de faiblesse » et « provocation à la haine en raison du handicap », suite à la tragique mort de Raphaël Graven, survenue en direct.
Près d’un an après la diffusion tragique où Raphaël Graven, connu sous les noms de « Jean Pormanove » et « JP », a perdu la vie en direct, ses anciens partenaires « Safine » (Safine Hamadi) et « Naruto » (Owen Cenazandotti) se retrouvent face à la justice. Cette audience, prévue à 13h30, s'inscrit dans un contexte d’accusations graves et de remises en question des pratiques de streaming sur la plateforme Kick, décrite comme l'équivalent trash de Twitch.
Ces trois streameurs avaient établi un cadre où la violence et l'humiliation étaient des éléments centraux de leurs diffusions. Entre jeux humoristiques et situations extrêmes, Jean Pormanove, tout comme un autre membre du collectif, est devenu une cible constante d'attaques. Ces agissements récurrents, décrits dans une enquête révélée par Mediapart, ont signalé un problème systémique au sein de la communauté des créateurs.
Mort devant des milliers de spectateurs
La situation a culminé lors d'un marathon de streaming qui a duré plusieurs jours, au cours duquel Raphaël Graven a été soumis à des violences incessantes. Le 18 août 2025, il est décédé dans son sommeil devant des milliers de ses abonnés.
Néanmoins, « Naruto » et « Safine » ne seront jugés que pour les violences enregistrées et diffusées. Une enquête préalable, menée à partir de décembre 2024, a tenté de déterminer les responsabilités au sein du collectif, mais n'a pas incriminé directement les deux créateurs dans la mort de Raphaël. Comme l'a noté L'Humanité, cette enquête a mis en lumière la manière dont des scénarios étaient élaborés avant les diffusions, ce que Jean Pormanove lui-même a confirmé lors de son audition.
Cette dynamique a laissé un goût amer, d'autant plus que les avocats de Lionel Graven, le frère du défunt, estiment que les violences infligées ont directement contribué à son décès. « Même si les coups n'ont pas été la cause directe, ils ont certainement eu un impact sévère », ont-ils déclaré. Lionel Graven a donc l'intention de se constituer partie civile pour réclamer un renvoi de l’audience et l'ouverture d'une enquête supplémentaire.
Le tribunal se penchera non seulement sur la culpabilité des accusés, mais aussi sur les implications plus larges de cette affaire pour les plateformes de streaming et le bien-être des créateurs de contenu. L'avenir de ces pratiques controversées pourrait bien dépendre de la décision du tribunal correctionnel de Nice.







