La Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH) exprime son inquiétude face à l'émergence croissante d'espaces réservés aux adultes, stigmatisant ainsi les enfants. Dans un avis remis à la haute-commissaire à l’Enfance, elle dénonce ce phénomène comme un reflet d'adultisme, c'est-à-dire une intolérance accrue à l’égard des plus jeunes.
Depuis quelques années, les environnements interdits aux enfants, ou «no kids», se multiplient. Récemment, le lancement par la SNCF d'une nouvelle classe réservée aux adultes, baptisée «Optimum», a particulièrement provoqué des réactions. Cette initiative, justifiée par le désir de « garantir un maximum de confort », a incité la haute-commissaire à s'emparer du sujet, soulignant ses implications pour les droits des enfants dans l'espace public.
La haute-commissaire, Sarah El Haïry, s'est montrée claire sur la question : « être discriminatoire en raison de l'âge est en violation de la loi. » Elle insiste sur la nécessité d'inclure les enfants dans toutes les sphères de la société, affirmant que tout effort visant à créer des lieux sans enfants contribue à l'éradication de l'enfance elle-même.
Cette problématique soulève des interrogations profondes sur le type de société que nous souhaitons construire. L'ancienne ministre El Haïry a déclaré : « Souhaitons-nous une société qui exclut les enfants ou une République qui leur fait une place ? » Cette dynamique d'exclusion est d'autant plus préoccupante dans un contexte où la natalité en France est en déclin, atteignant un solde naturel négatif pour la première fois, selon des données de l'Insee.
Le rapport de la CNCDH souligne que malgré le caractère récent de ce phénomène en France, il paraît en plein essor. Même si des restrictions sont parfois nécessaires pour protéger l'intérêt des enfants, il est essentiel que celles-ci ne soient pas motivées par l'adultisme. L’institution appelle donc à interdire les espaces « no kids » à moins qu'ils ne soient justifiés pour la sécurité des enfants et propose d'améliorer l'accueil des plus jeunes dans l'espace public.
Pour inverser cette tendance, la CNCDH propose diverses recommandations, notamment la réduction de la circulation automobile et des campagnes de sensibilisation pour favoriser la coexistence entre générations. Ce contexte d'exclusion des enfants de l'espace public nécessite une réaction forte et claire, car il s'agit de l'avenir de la société.







