Mercredi 14 janvier, 150 agriculteurs ont fait irruption dans la Direction générale de la performance économique, proche du ministère de l'Agriculture à Paris. Une cinquantaine d'entre eux ont été placés en garde à vue dans l'après-midi.
La colère des agriculteurs atteint son paroxysme face à l'accord commercial avec les pays du Mercosur, en plus des abattages massifs de troupeaux dus à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Dès le 13 janvier, plusieurs centaines de paysans se sont rassemblés à Paris pour faire entendre leur mécontentement. Selon la Confédération paysanne, 150 militants ont pénétré dans les locaux de la Direction générale de la performance économique, une annex du ministère.
À 16h30, les manifestants ont réussi à s’introduire dans le bâtiment du 7e arrondissement, où ils ont déployé différentes banderoles. L’intervention des forces de l’ordre, survenue dans le calme, a permis de déloger les protestataires.
À 21h30, 52 manifestants figuraient parmi les interpellés, incluant des personnalités notables comme Fanny Metrat, Thomas Gibert et Stéphane Galais. Jean-Yves Tarcy, président de la chambre d'agriculture de Guyane, et Morgan Ody, coordinatrice générale de la Via Campesina, ont également été concernés par ces arrestations. Le syndicat dénonce ces interpellations jugées injustifiées.
Des plaintes déposées par le ministère de l'Agriculture
Suite à cette intrusion, un représentant ministériel a déposé une plainte, comme l'a confirmé la préfecture de police de Paris. La Confédération paysanne a rapidement réagi, notant que l’entrée dans les locaux s'est faite "à pied et sans aucune violence". Cette action met en lumière la tension croissante entre les agriculteurs et les autorités, exacerbée par des politiques qu'ils considèrent comme menaçantes pour leur survie.
Les agriculteurs demandent des révisions urgentes des accords commerciaux, comme l’explique l’économiste agricole Marie Dufour, qui souligne : "Les conditions imposées par ces traités ne tiennent pas compte des réalités locales et mettent en péril les exploitations familiales". Ce mécontentement résonne auprès de nombreux professionnels du secteur, qui craignent pour l'avenir de l'agriculture française face à la concurrence accrue.







