Face à la menace de la dermatose nodulaire, une épidémie qui pourrait décimer les troupeaux, des éleveurs du Vercors se regroupent pour protéger la villarde, une race bovine française rare. Avec l'ambition de récolter 15 000 euros, ils souhaitent créer une banque d'embryons afin d'assurer la pérennité de cette race emblématique, connue pour fournir le lait au fromage AOP bleu du Vercors-Sassenage.
La villarde, aujourd'hui en danger, se distingue par sa spécificité locale et son importance patrimoniale. En France, il ne reste qu'environ 500 vaches de cette race, dont 80 % se trouvent dans le Vercors, ce qui rend le projet d'autant plus urgent. Les éleveurs, tels que Victor Schimmel, estiment qu'il est crucial d'intervenir avant que l'épidémie ne touche les troupeaux. "Si ça arrive sur notre race, on peut la perdre complètement," alerte-t-il.
Pour réaliser ce projet ambitieux, des techniciens spécialisés interviendront directement dans les fermes pour prélever les embryons. La procédure, bien que technique, ne garantit pas toujours un rendement optimal. Selon Schimmel, "Parfois, on n’arrive à récupérer que deux embryons dans une vache, parfois sept ou huit." Les embryons récoltés seront triés et congelés pour garantir leur viabilité à long terme. Les embryons jugés moins adaptés à la congélation peuvent également être inséminés sur d'autres vaches, ce qui offre une nouvelle garantie pour la survie de la race.
Cette initiative répond non seulement à un besoin de survie face à une maladie, mais également à une préservation du patrimoine culturel. "Ces petites races locales représentent une richesse inestimable," souligne l'éleveur, rappelant l'importance de cette diversité. Selon plusieurs experts en agriculture et en zootechnie, une telle démarche pourrait inspirer d'autres éleveurs à travers le pays à prendre des mesures similaires pour protéger leurs propres races en danger.
Pour soutenir cet effort, les éleveurs ont lancé une cagnotte en ligne, accessible à tous ceux qui souhaitent contribuer à cette cause. Les retours des citoyens sont déjà très positifs, témoignant d'une prise de conscience croissante autour des enjeux de la biodiversité et de l'agriculture durable.







