Le président guatémaltèque Bernardo Arevalo a annoncé un état de siège de trente jours sur l’ensemble du pays après une série d’attaques meurtrières perpétrées par des gangs. Cette décision fait suite à des événements tragiques ayant causé la mort de huit policiers et qui ont également vu des détenus s’emparer de plusieurs prisons.
Durant son allocution, le président a souligné que cette mesure vise à renforcer les capacités de l’État face à la montée en puissance des groupes criminels, comme les gangs Barrio 18 et Mara Salvatrucha, jugés responsables de l'insécurité grandissante. « J’ai décidé de décréter l’état de siège pour garantir la protection et la sécurité des Guatémaltèques, » a-t-il déclaré.
Les violences, dont des mutineries et des prises d’otages ayant impliqué 45 gardiens et un psychiatre, ont émergé en réponse à des transferts de chefs de gangs vers une prison de haute sécurité. Ces évènements témoignent d’un climat de tension croissant, alimenté par des hostilités réciproques entre le gouvernement et les organisations criminelles, qui extorquent les citoyens tout en s'opposant à toute mesure les visant. Pour Thomas Pérez, spécialiste de la sécurité à l’Université de Guatemala, « l’état de siège est une réponse nécessaire, mais il doit être accompagné par une véritable stratégie à long terme pour vraiment réduire la criminalité ».
Cette mesure implique la suspension de certaines garanties constitutionnelles, notamment le droit de réunion et de manifestation, et permet des arrestations sans mandat. Il est crucial que le Parlement, où l’opposition détient une majorité, ratifie cette décision rapidement pour éviter un vide juridique.
En parallèle, le contrôle des institutions pénitentiaires a été rétabli, et les autorités affirment que l'État a repris la main dans les trois établissements pénitentiaires concernés. « Le contrôle total de l’État a été rétabli, et les criminels ne peuvent plus défier la loi, » a assuré Arevalo. Les gangs, qui sont responsables de meurtres, d’extorsion, et de trafic de drogue, continuent néanmoins de poser un défi majeur à la sécurité du pays.
Alors que la situation au Guatemala reste critique, l’opinion publique semble partagée. Certains remercient le gouvernement pour sa réaction rapide, tandis que d'autres craignent une dérive autoritaire. Les prochaines semaines seront décisives pour l’avenir du pays.







