État de siège au Guatemala après des émeutes dans les prisons

Une réponse radicale à la montée de la violence dans les prisons guatémaltèques.
État de siège au Guatemala après des émeutes dans les prisons
Des policiers anti-émeutes gardent l’entrée du « Centre de détention préventive » à Guatemala City, le 18 janvier 2026. EDWIN BERCIAN / AFP

La situation au Guatemala prend un tournant dramatique alors que le président Bernardo Arevalo a annoncé, lors d'une allocution ce dimanche 18 janvier, l'imposition d'un état de siège national, en réponse à des émeutes tragiques ayant conduit à la mort de huit policiers. Cette mesure, qui doit être approuvée par le Parlement, vise à donner des moyens supplémentaires aux autorités face à la menace croissante des gangs qui ont récemment pris le contrôle de plusieurs établissements pénitentiaires.

« J'ai ordonné l'état de siège pour une durée de 30 jours afin de garantir la sécurité des Guatémaltèques », a déclaré Arevalo. En conséquence, certaines garanties constitutionnelles, comme les droits de réunion, sont suspendues, et certaines actions comme les arrestations sans mandat sont facilitées. Les émeutes ont éclaté en réponse à la décision d'enfermer les chefs de gangs dans des prisons de haute sécurité, une décision que les criminels ont tenté de contrer par des mutineries et des prises d'otages.

Le chef de l'État a aussi affirmé que « le contrôle total de l'Etat a été rétabli dans les prisons concernées ». Les principaux gangs impliqués, Barrio 18 et Mara Salvatrucha, selon certains experts en sécurité, sont souvent qualifiés de « terroristes » tant leur violence est répandue dans le pays. Ces gangs s'affrontent pour le contrôle d'un territoire où ils exercent des extorsions sur les commerçants et la population locale. En novembre dernier, des statistiques ont montré que le taux de criminalité au Guatemala reste deux fois supérieur à la moyenne mondiale.

Les affrontements de ce week-end ont entraîné une réaction immédiate des forces de l'ordre, qui se sont déployées avec efficacité pour reprendre le contrôle de la prison de haute sécurité, situé à 75 kilomètres au sud de la capitale. « Heureusement, cette opération s'est réalisée sans perte humaine de notre côté », a déclaré Marco Antonio Villeda, ministre de l'Intérieur.Cependant, les conséquences de cette violence sont dévastatrices. La mort des policiers a été décrite par Villeda comme le résultat d'attaques lâches, soulignant le défi auquel l'État guatémaltèque fait face. Pour rappel, cette situation n'est pas nouvelle : depuis 2025, les gangs ont intensifié leurs violences pour exiger des traitements plus cléments en prison.

Les experts surveillent de près ces développements, avec l'espoir qu'un renforcement des mesures de sécurité pourra freiner la spirale de la violence. Cependant, des doutes subsistent quant à l'efficacité à long terme de ces mesures exceptionnelles, car l'enracinement des gangs dans la société guatémaltèque pose des questions de gouvernance et de sécurité à long terme.

Lire aussi

État de siège au Guatemala après des émeutes dans les prisons
Le Guatemala déclare l'état de siège suite à des émeutes mortelles dans ses prisons, renforçant les mesures contre les gangs.
05h12
Trains en Espagne : une tragédie ferroviaire au bilan tragique
Un terrible accident ferroviaire en Espagne fait au moins 21 morts et des dizaines de blessés. Découvrez les détails et les réactions.
04h06
L'UE se mobilise face aux menaces commerciales de Trump concernant le Groenland
L'Union européenne se prépare à riposter face aux menaces douanières de Trump sur le Groenland.
00h20
L'Europe unie face aux menaces de Trump sur le Groenland
Découvrez comment l'UE se mobilise face aux menaces de Donald Trump concernant le Groenland et les éventuelles ripostes.
18 janv.
La fermeture des usines Brandt : un drame humain derrière les chiffres
Découvrez les conséquences de la fermeture de Brandt et les alternatives non exploitées face à ce drame social.
18 janv.
Groenland : l'unité des Européens face aux menaces de Trump
Face aux menaces de Donald Trump, huit pays européens affichent leur unité pour défendre leur souveraineté sur le Groenland. Découvrez leur réponse coordonnée.
18 janv.