La situation au Guatemala prend un tournant dramatique alors que le président Bernardo Arevalo a annoncé, lors d'une allocution ce dimanche 18 janvier, l'imposition d'un état de siège national, en réponse à des émeutes tragiques ayant conduit à la mort de huit policiers. Cette mesure, qui doit être approuvée par le Parlement, vise à donner des moyens supplémentaires aux autorités face à la menace croissante des gangs qui ont récemment pris le contrôle de plusieurs établissements pénitentiaires.
« J'ai ordonné l'état de siège pour une durée de 30 jours afin de garantir la sécurité des Guatémaltèques », a déclaré Arevalo. En conséquence, certaines garanties constitutionnelles, comme les droits de réunion, sont suspendues, et certaines actions comme les arrestations sans mandat sont facilitées. Les émeutes ont éclaté en réponse à la décision d'enfermer les chefs de gangs dans des prisons de haute sécurité, une décision que les criminels ont tenté de contrer par des mutineries et des prises d'otages.
Le chef de l'État a aussi affirmé que « le contrôle total de l'Etat a été rétabli dans les prisons concernées ». Les principaux gangs impliqués, Barrio 18 et Mara Salvatrucha, selon certains experts en sécurité, sont souvent qualifiés de « terroristes » tant leur violence est répandue dans le pays. Ces gangs s'affrontent pour le contrôle d'un territoire où ils exercent des extorsions sur les commerçants et la population locale. En novembre dernier, des statistiques ont montré que le taux de criminalité au Guatemala reste deux fois supérieur à la moyenne mondiale.
Les affrontements de ce week-end ont entraîné une réaction immédiate des forces de l'ordre, qui se sont déployées avec efficacité pour reprendre le contrôle de la prison de haute sécurité, situé à 75 kilomètres au sud de la capitale. « Heureusement, cette opération s'est réalisée sans perte humaine de notre côté », a déclaré Marco Antonio Villeda, ministre de l'Intérieur.Cependant, les conséquences de cette violence sont dévastatrices. La mort des policiers a été décrite par Villeda comme le résultat d'attaques lâches, soulignant le défi auquel l'État guatémaltèque fait face. Pour rappel, cette situation n'est pas nouvelle : depuis 2025, les gangs ont intensifié leurs violences pour exiger des traitements plus cléments en prison.
Les experts surveillent de près ces développements, avec l'espoir qu'un renforcement des mesures de sécurité pourra freiner la spirale de la violence. Cependant, des doutes subsistent quant à l'efficacité à long terme de ces mesures exceptionnelles, car l'enracinement des gangs dans la société guatémaltèque pose des questions de gouvernance et de sécurité à long terme.







