Bruxelles (Belgique) – Les dirigeants européens ont affiché une solidarité résolue dimanche face aux menaces de surtaxes douanières du président américain Donald Trump, qui persiste dans sa volonté de s'approprier le Groenland, un territoire autonome du Danemark. Cette situation délicate a incité à convoquer un sommet extraordinaire des 27, prévu pour jeudi, comme l'a annoncé Antonio Costa, président du Conseil européen, à l'issue d'une réunion d'urgence entre les ambassadeurs.
Un diplomate européen a révélé que cette réunion a permis de clarifier la position des États membres, affirmant que l'utilisation de mesures commerciales comme moyen de pression par les États-Unis n'était pas tolérable. L'UE a désormais plusieurs leviers pour répondre à cette situation, a-t-il précisé. Dans cette optique, Emmanuel Macron, président français, a exprimé son intention de demander l'activation de l'instrument anti-coercition de l'UE si des droits de douane supplémentaires sont imposés par les États-Unis.
Pour rappel, cet outil est destiné à contrer tout pays utilisant des mesures commerciales pour entraver les choix souverains d'un État membre de l'UE. Entre autres, il pourrait restreindre l'accès aux marchés publics ou limiter certaines importations américaines, comme l'a souligné Valérie Hayer, eurodéputée. À ce jour, aucune décision définitive n'a été prise, mais les pays européens envisagent également de réactiver des mesures de représailles déjà planifiées sur une liste de marchandises américaines d'une valeur de 93 milliards d'euros.
L'accord commercial conclu entre Washington et Bruxelles, approuvé l'été dernier, est désormais contesté par de nombreux eurodéputés, dont Manfred Weber, chef de la droite au Parlement européen, qui a déclaré qu'une telle approbation n'était pas envisageable dans le climat actuel. Les enjeux sont considérables, avec des implications potentiellement menaçantes pour l'OTAN, comme l'a souligné Lars Lokke Rasmussen, ministre danois des Affaires étrangères.
Une réponse coordonnée des nations européennes
Le Danemark, la Finlande, la France, l'Allemagne, les Pays-Bas, la Norvège, la Suède et le Royaume-Uni se sont exprimés collectivement, déclarant : "Les menaces douanières sapent nos relations transatlantiques et pourraient déclencher une escalade dangereuse. Nous resterons unis et organisés dans notre réponse. Notre souveraineté est incertaine, mais nous défendrons nos intérêts communs."
Trump a même évoqué une surtaxe de 10 % sur les importations, qui pourrait grimper à 25 % à partir de juin 2026, tant qu'un accord sur la "vente complète et intégrale" du Groenland ne sera pas trouvé. Ce débat territorial, à la fois inédit et troublant, touche directement le cœur des relations entre deux membres de l'OTAN, à 77 ans de leur alliance historique.
D'un autre côté, le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, a pris soin de faire savoir qu'il avait échangé avec Trump sur ces questions de sécurité, sans en divulguer les détails. Pendant ce temps, des milliers de manifestants ont descendu dans les rues de Copenhague et Nuuk pour scander "le Groenland n'est pas à vendre". Leurs voix, portées par des citoyens fervents du respect de la souveraineté islandaise, se sont unies pour rejeter les ambitions expansionnistes américaines.
Les ministres des Finances français et allemands doivent se rencontrer à Berlin pour coordonner leur réponse, avec des discussions qui devraient se prolonger à Davos, où Trump se retrouvera sous les projecteurs.
Les informations provenant de diverses sources, dont Le Monde, mettent en évidence les tensions internationales croissantes. Les analyses des experts sont unanimes sur le fait que cette situation pourrait redéfinir les relations entre l'UE et les États-Unis, un enjeu à suivre de près.







