Lors de la session du conseil départemental de ce lundi, les élus ont approuvé un important rapport sur la production d'eau potable. Un projet innovant qui aura pour but de fournir en eau près de la moitié des communes locales, comme l'a souligné avec enthousiasme François Sauvadet, dans un contexte climatique préoccupant.
"Pas d'eau, pas de vie", a rappelé François Sauvadet, à l'issue du vote, où, bien que la gauche ait choisi de s'abstenir, la majorité a décidé d'apporter son soutien à cette initiative. Le Département devient ainsi un nouvel acteur dans la chaîne de production d'eau potable, tout en continuant de travailler en collaboration avec les communes et les syndicats qui restent en charge de la distribution.
Un investissement colossal pour l'approvisionnement local
Le plan s'inscrit dans le cadre de la loi sur la souveraineté agricole de 2025, ouvrant la voie aux départements pour s'impliquer dans la production d'eau. Dans cette optique, François Sauvadet et sa majorité ont également validé la création de deux syndicats mixtes des eaux, établis en 2026 sur la Boucle des Maillys et à Grosbois-en-Montagne. Ces réserves joueront un rôle clé pour sécuriser l'approvisionnement en eau pour près de 50% des communes de la Côte-d'Or.
"Pour ces secteurs, nous allons produire de l'eau, tout simplement... C'est un investissement de 100 millions d'euros." a précisé Sauvadet, mettant en avant l'ampleur du projet qui touchera 164 communes pour la Boucle des Maillys et 168 pour Grosbois.
Un défi de solidarité pour le futur
Ce vote marque un tournant, donnant au Département le pouvoir de devenir maître d'ouvrage sur ce projet. Il aura la responsabilité de superviser les études de faisabilité et de chercher des subventions. Les estimations font état de travaux s'élevant à environ 100 millions d'euros pour réhabiliter des canalisations et établir des stations d'épuration. Cette somme est au-delà des capacités budgétaires des communes.
François Sauvadet a souligné que cette démarche n'est pas simplement une substitution, mais une véritable solidarité départementale. L’objectif est de garantir à chaque Côte-d'Orien un accès à l'eau de qualité, sans faire exploser les coûts, alors que des études préviennent qu'à l'horizon 2050, les rivières pourraient voir leur débit diminuer de 25% et les nappes phréatiques de 20%.
Réserves d'eau face à des préoccupations écologiques
Les élus de Côte-d'Or Terre d'Avenir ont choisi de s'abstenir lors du vote, soulevant des inquiétudes sur le coût élevé des travaux dans un contexte économique difficile pour les collectivités. Catherine Hervieu, députée écologiste, a également exprimé des réserves concernant la lutte contre la pollution de l’eau, notamment celles provenant des pesticides et des PFAS, ces substances persistantes qui contaminent l'eau potable.
La route est ainsi tracée, mais il reste encore beaucoup à faire pour assurer un approvisionnement durable et de qualité pour l'ensemble des Côte-d'Oriens.







