Le jeune John Daghita, fils d'un sous-traitant gouvernemental, a été appréhendé aux Antilles, accusé d'avoir détourné une somme colossale de 46 millions de dollars en cryptomonnaies appartenant à l'État américain. Cette interpellation, orchestrée dans la nuit de mercredi à jeudi par le GIGN de Guadeloupe en collaboration avec le FBI, met en lumière une faille alarmante dans la sécurité des fonds gérés par l’État.
Kash Patel, le controversé directeur du FBI, a annoncé l'arrestation en fanfare, en publiant sur X un message accompagné d'images d'une mallette pleine de billets et d'appareils numériques suspects. Le suspect, menotté et visiblement nerveux, apparaissait en tenue décontractée près d'une piscine, un contraste frappant avec la gravité des charges pesant sur lui.
« Où qu'ils se cachent, le FBI les traquera », a affirmé Patel, tranchant dans le vif du sujet. Cette affaire a également suscité un intérêt particulier de la part de la gendarmerie française, qui a relayé avec fierté sa participation à l'arrestation de cet individu, jugé comme une « cible clé ».
Une découverte fortuite
Derrière cette enquête d'envergure se cache ZachXBT, un analyste spécialiste de la blockchain. Au mois de janvier, il a découvert, sur la messagerie Telegram, un compte utilisateur se faisant appeler « Lick » — soit John Daghita — exposant par inadvertance une adresse de portefeuille révélant plusieurs millions de dollars en actifs numériques. En exhibant un style de vie flamboyant, Daghita s'était mis en avant sur les réseaux sociaux, attirant ainsi l'attention des enquêteurs.
La méthode employée était audacieuse : le portefeuille lié à Daghita avait été identifié comme ayant des liens avec des fonds saisis lors du piratage du célèbre échange de cryptomonnaies Bitfinex en 2016. Cette information, cruciale pour l’enquête, a été confirmée par un porte-parole de l’US Marshals Service qui a indiqué que des investigations étaient en cours.
Au centre de cette saga, la société Command Services & Support (CMDSS), qui gère les actifs numériques saisis par le gouvernement. Daghita est apparemment lié à cette entreprise, son père étant le président. Cela soulève des questions quant à un éventuel accès illégal aux ressources de l'entreprise, bien que le FBI n'ait pas encore fourni de détails sur la façon dont Daghita a opéré.
ZachXBT a émis l'hypothèse que les actes de Daghita pourraient être le résultat d'une faille dans les process de CMDSS, alors que des doutes quant à la légitimité de son contrat avec l’US Marshals Service persistent. Ce dernier aurait été signé après une évaluation, soulevant des critiques sur les liaisons de l'entreprise avec d'anciens fonctionnaires gouvernementaux.
Quant à ZachXBT, il a exprimé son soulagement sur X, remerciant pour ce tournant inattendu, après avoir été régulièrement défié par Daghita en ligne. La situation actuelle met également en exergue les préoccupations relatives à la gestion des cryptomonnaies saisies par les autorités américaines. Un récent rapport de CoinDesk souligne les lacunes importantes de l’US Marshals Service, incapable d’évaluer ses avoirs en cryptomonnaies.







