Une mission intergouvernementale responsable du financement de la dépollution de l'eau potable, notamment face aux PFAS, surnommés "polluants éternels", semble tarder à soumettre ses conclusions. Des élus de collectivités, réunis à Lyon, craignent que les résultats de cette mission soient sur le point d'être "enterrés".
Cette inspection, annoncée fin octobre par la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, devait permettre d'élaborer un plan de financement pour traiter ces polluants, ainsi que des métabolites issus de pesticides. Mme Barbut avait promis des propositions dans un délai de trois mois.
"On vient de nous préciser que le rapport serait disponible au début de l'été", a déclaré Pierre Athanaze, vice-président de la métropole du Grand Lyon, suite à une réunion avec d'autres élus. "Je crains que ce soit un rapport supplémentaire qui finisse dans les tiroirs, car de nombreux documents dorment déjà dans les ministères sans avoir jamais été exploités".
Le ministère de la Transition écologique n'a pas encore réagi à ces inquiétudes. Au-delà des délais, M. Athanaze et ses collègues se montrent également préoccupés par l'absence de nouvelles concernant la mise en place de la redevance sur les PFAS, qui devrait être appliquée aux industriels responsables de la pollution de l'eau.
"Pour le moment, nous appliquons le principe du pollué-payeur, alors qu'il est primordial d'adopter la logique du pollueur-payeur", a-t-il souligné. En attendant, les élus demandent la création d'un "fonds de solidarité" financé par l'État, comme l'indique Annick Dufils, maire de Malandry, une commune touchée par cette pollution, qui déplore le manque de réponses.
Ces élus plaident également pour l'établissement d'un organe de représentation, permettant aux collectivités, aux riverains et aux ONG de dialoguer efficacement avec les ministères. M. Athanaze a exprimé son espoir d'avoir été entendu sur ce point, car il estime que les rencontres avec les syndicats professionnels, comme France Chimie, semblent être plus fréquentes que celles avec les élus concernés.







